Vol de nourriture pour chat: une «arrestation citoyenne» trop brutale?

L'avocat Bernard Corbeil est accusé de voies de... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

L'avocat Bernard Corbeil est accusé de voies de fait contre une voisine qu'il soupçonnait de vol de nourriture pour chat.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) L'avocat Bernard Corbeil, 65 ans, se défend d'avoir utilisé une force excessive pour arrêter lui-même sa voisine qui faisait disparaître sa nourriture pour chat laissée à l'extérieur pour les bêtes errantes.

Bernard Corbeil, avocat de carrière depuis 40 ans, s'est présenté en victime, vendredi matin, lors de la fin de son témoignage au palais de justice de Québec.

Se représentant lui-même, l'homme accusé de voies de fait contre une voisine a longuement expliqué les motifs qui l'ont poussé à arrêter lui-même la femme de 46 ans, le 2 février 2013.

Il a expliqué comment, au mois de janvier 2013, au terme de plusieurs semaines de disparition de nourriture à chat, il a décidé d'installer une caméra infrarouge pour filmer les allers et venues près de l'entrée de sa résidence.  

Se levant à 4h du matin pour regarder les images en direct, il dit avoir vu la plaignante «voler» la nourriture à chat pour la première fois le 21 janvier.

Témoin plus d'une fois de la même scène qu'il qualifie «de vol par effraction» dans les jours suivants, Bernard Corbeil s'est senti «violé psychologiquement» et craignait pour sa sécurité. «J'ai commencé à faire de l'anxiété», a-t-il déclaré devant le juge Jean Asselin.

Selon ses calculs, entre septembre 2012 et le jour de son «arrestation citoyenne» du 2 février 2013, sa voisine a pu commettre au moins 100 vols et un méfait, soit d'avoir laissé son chien uriner sur la résidence de l'accusé.

«Il y avait urgence»

Après s'être renseigné sur ses droits relatifs à l'article de loi sur les arrestations citoyennes, Bernard Corbeil a décidé de procéder lui-même à l'arrestation de la présumée voleuse. Pourquoi ne pas avoir appelé la police pour la dénoncer? «Je me suis dit qu'ils ne se dérangeraient pas avant un certain temps. Il y avait urgence», a-t-il insisté.

Fin prêt au matin du 2 fé­vrier 2013, Bernard Corbeil a mis son plan à exécution. Sur les images captées par sa caméra vidéo, on peut voir la dame prendre la nourriture pour chat vers 6h. Aussitôt, la porte s'ouvre et l'avocat surgit. Il immobilise la dame en lui mettant une serviette sur la tête. Il la menotte avec des attaches en plastique avant de lui lire ses droits constitutionnels et d'appeler la police pour la dénoncer.

À l'arrivée des policiers, la dame est ligotée aux pieds et aux mains, en plus d'avoir le nez ensanglanté.

Le coeur du débat dans ce procès est de savoir si Bernard Corbeil a réalisé une arrestation dans les règles de l'art ou s'il a fait usage excessif de la force.

Me Mélanie Ducharme, procureure de la Couronne, a contre-interrogé Bernard Corbeil en après-midi. Le juge Jean Asselin a ensuite ordonné aux deux parties de lui fournir des plaidoiries écrites d'ici au 15 janvier. Il a du coup annoncé qu'il rendrait sa décision le 10 avril prochain.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer