Procès de Valérie Fouquet: négligente ou victime d'un complot?

Valérie Fouquet est accusée d'avoir laissé un homme... (Photohèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Valérie Fouquet est accusée d'avoir laissé un homme coupable de pédophilie se faire battre par une dizaine de détenus qu'elle avait sous sa surveillance.

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(Québec) L'ex-agente correctionnelle Valérie Fouquet n'est pas responsable du passage à tabac d'un pédophile par une dizaine de détenus, plaide son avocat; sa cliente a plutôt été victime d'un complot des prisonniers. Pour la poursuite, la gardienne de prison est au moins coupable d'avoir fait preuve de négligence en fermant les yeux sur l'agression.

Le procès de Valérie Fouquet, 42 ans, de Québec, s'est terminé jeudi après quatre jours de témoignages de détenus et d'agents correctionnels de l'Établissement de détention de Québec (ÉDQ).

La principale intéressée, qui n'est plus à l'emploi du ministère de la Sécurité publique, a aussi expliqué à la juge Chantale Pelletier sa version de ce qui s'est passé sur l'heure du souper, le 6 avril 2012, dans le secteur 12 de l'ÉDQ. Ce quartier cellulaire de «protection» est réservé aux détenus à risque d'être maltraité, comme les agresseurs sexuels.

Ce jour-là, Karl Audet vient d'y être incarcéré. Il est à ce moment accusé d'avoir attiré, avec sa conjointe, une enfant qu'il a incitée à se déshabiller, a touchée et a filmée. L'homme a depuis plaidé coupable et a été condamné à cinq ans de prison.

Craignant que les autres détenus lui fassent un mauvais parti, Audet demande à l'agente correctionnelle Valérie Fouquet de changer de secteur ou d'être enfermé dans sa cellule.

Cette dernière refuse. Elle alléguera au procès qu'il est impossible d'isoler un détenu qui n'est pas le seul occupant de sa cellule, comme c'était le cas d'Audet. «Assume tes délits», lance l'agente au nouveau détenu.

Seule pour surveiller 36 détenus, Valérie Fouquet distribue des repas et va à la console des agents pour remplir un rapport. Elle remarque un attroupement autour de la cellule de Karl Audet.

Avertie par un détenu

Un détenu a témoigné au procès qu'il est venu dire à l'agente qu'Audet «allait se faire tuer», une déclaration niée par l'accusée.

Valérie Fouquet tente alors de fermer la porte de la cellule, qu'un détenu bloque quelques instants.

Karl Audet aura été violemment battu par une dizaine de détenus durant une période d'au moins cinq minutes.

L'avocat de Valérie Fouquet, Me Jérome Tremblay, affirme que l'agression n'était nullement prévisible. «Mme Fouquet a agi avec les moyens qu'elle avait», plaide Me Tremblay.

Les détenus «à l'imagination très fertile» ont «amplifié» ses paroles, ajoute l'avocat. «Les détenus étaient fâchés d'avoir été dénoncés comme agresseurs et ils ont décidé de lui faire payer.»

La procureure de la Couronne Me Geneviève Bédard croit au contraire que l'agente correctionnelle, au lieu de redoubler de prudence dans un contexte de tension, a été négligente. «Elle n'agit pas parce qu'elle banalise le danger d'agression, affirme Me Bédard. Elle en voit tellement que ce n'est pas grave.»

En n'intervenant pas, en refusant de cloîtrer Audet dans sa cellule, Valérie Fouquet a aidé les autres détenus à commettre les délits, ce qui lui a valu une accusation de voies de fait avec lésions par complicité en plus de celle de négligence criminelle.

La juge Chantale Pelletier rendra sa décision le 12 mai.

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