Un policier blanc abat un homme noir sans arme en Arizona

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À New York, plus de 1500 personnes étaient réunies jeudi soir pour une deuxième nuit de protestation après la décision d'un grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc responsable de la mort d'un père de famille noir.

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Agence France-Presse

Un policier blanc a tué un homme noir sans arme en Arizona, alors que des manifestations avaient lieu à New York et ailleurs aux Etats-Unis pour protester contre la mort dans des conditions similaires de deux autres afro-américains.

La police de Phoenix a indiqué jeudi dans un communiqué qu'un homme de 34 ans noir, Rumain Brisbon, avait été interpellé alors qu'il était soupçonné de vendre de la drogue.

D'après le rapport de police, M. Brisbon a tenté de s'échapper et a refusé d'obéir «à plusieurs ordres» du policier blanc âgé de 30 ans, dont le nom n'a pas été révélé, mais qui avait 7 ans d'expérience, est-il précisé.

«Une lutte» a eu lieu entre les deux hommes tandis que le policier tentait de l'arrêter. Alors que M. Brisbon a mis sa main dans sa poche, le policier tenait sa main et a lui ordonné de garder sa main dans sa poche.

Il a «cru sentir la crosse d'un revolver» et «a tiré deux fois dans le torse de Brisbon».

Ce dernier a été déclaré mort sur place peu après l'arrivée des pompiers et de renforts policiers.

La poche de M. Brisbon contenait en réalité une boîte de pilule d'oxycodone, un analgésique puissant et addictif, parfois consommé comme drogue récréative.

Marci Kratter, une avocate de Phoenix représentant la famille, a déclaré qu'il y avait «plusieurs témoins qui contestent la version des policiers».

«C'est une tragédie. Il n'avait pas d'arme et ne menaçait personne. Nous envisageons toutes les suites possibles au regard de la loi», a-t-elle ajouté.

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À New York, plus de 1500 personnes étaient réunies jeudi soir pour une deuxième nuit de protestation après la décision d'un grand jury de ne pas poursuivre un policier blanc responsable de la mort d'un père de famille noir.

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New York: les manifestations contre les violences policières se poursuivent

Des milliers de personnes manifestaient jeudi soir à New York pour dénoncer, comme d'autres Américains l'ont fait à Ferguson ou à Cleveland, les violences impunies de la police qui ravivent les tensions raciales dans le pays. Des manifestations avaient également lieu à Chicago, Boston, Baltimore et à Washington.C'est la deuxième nuit consécutive que les New-Yorkais, qui ont pris d'assaut le pont de Brooklyn, exprimaient leur indignation après la décision d'un jury populaire de ne pas poursuivre un policier blanc, responsable de la mort d'un père de famille noir cet été.

Le décès d'Eric Garner était intervenu quelques semaines avant qu'un adolescent noir non armé soit abattu par un policier blanc à Ferguson, déclenchant des semaines d'émeutes dans cette banlieue de St Louis dans le Missouri.

Jeudi, le ministre de la Justice, Eric Holder, a présenté les conclusions d'une enquête accablantes pour la police dans une autre affaire à Cleveland dans l'Ohio où un enfant noir de 12 ans a été tué par un policier le 22 novembre.

La police de Cleveland a fait un usage «excessif» de la force par le passé, a affirmé Eric Holder, lui-même noir, qui s'était rendu sur place dans le cadre d'une tournée des services de police, mise en cause après la mort de plusieurs Noirs par des policiers blancs.

Tamir Rice, garçon noir de 12 ans, avait été tué alors qu'il manipulait une arme factice dans une aire de jeux. Dans une vidéo compromettante, le policier tire sur lui quelques secondes seulement après être sorti de sa voiture.

Jeudi soir, des milliers de New-Yorkais se sont d'abord rassemblés dans le square Foley, dans le sud de Manhattan, près de la mairie et du quartier général de la police new-yorkaise, brandissant des pancartes avec des inscriptions «La vie des Noirs compte», «Le racisme tue», ou encore «Ferguson est partout».

Alors que le cortège grossissait, la police a fermé le principal tunnel reliant Manhattan au New Jersey, les télévisions montrant des milliers de manifestants massés dans l'ouest de Manhattan.

Le 17 juillet, Eric Garner, soupçonné de vente illégale de cigarettes à New York, avait été plaqué au sol et serré au cou par un policier blanc. Il était mort peu après s'être plaint de ne pas pouvoir respirer. Le médecin légiste avait conclu à un homicide.

Plus tôt jeudi, le maire démocrate Bill de Blasio, dont la femme est noire et les enfants métis, avait une nouvelle fois appelé au calme.

«La frustration est compréhensible. Des siècles de racisme nous précèdent, mais en travaillant ensemble, nous pouvons nous détourner de cette histoire», a-t-il déclaré.

Réforme des méthodes policières

La décision à New York de ne pas poursuivre le policier a fait écho à une annonce similaire à Ferguson où un grand jury a refusé le 24 novembre d'inculper un autre policier blanc, responsable de la mort début août de Michael Brown. Darren Wilson avait tiré douze fois sur le Noir de 18 ans qui n'était pas armé.

La démocrate Hillary Clinton, probable candidate à l'élection présidentielle de 2016, a appelé jeudi à une réforme du système pénal et des méthodes policières, déplorant que les Noirs aient «plus de chances d'être interpellés et fouillés par la police, inculpés et condamnés à des peines plus longues» que les Blancs.

Le secrétaire général de l'ONU a lui-même appelé jeudi les Etats-Unis à s'assurer que leurs policiers répondent davantage de leurs actes.

Toutefois, les policiers de Ferguson et de New York ne sont pas à l'abri d'autres poursuites. Eric Holder a en effet ouvert deux enquêtes fédérales pour déterminer si les droits civiques des victimes avaient été violés.

Depuis Atlanta, la ville natale de l'icône des droits civiques Martin Luther King, le ministre avait promis lundi de «nouvelles règles rigoureuses --et des garde-fous solides-- pour aider à mettre fin au délit de faciès, une bonne fois pour toutes».

Le président Barack Obama a proposé d'équiper davantage de policiers de caméras embarquées.

«Erreur judiciaire»

Ces propositions n'ont pas calmé la colère de la mère d'Eric Garner.

«Comment pouvons-nous avoir confiance dans notre système judiciaire quand ils nous déçoivent à ce point ?», s'est indignée Gwen Carr, plusieurs élus locaux noirs dénonçant une «erreur judiciaire».

«Il est clair qu'une part importante de la population de New York n'a pas du tout confiance en la police et nous devons travailler à cela», avait reconnu le mois dernier le chef de la police de New York Bill Bratton, après une nouvelle bavure policière dans une cage d'escalier de HLM à Brooklyn.

Signe du fossé qui reste à combler entre les communautés noires et blanches aux Etats-Unis, un policier du comté de St Louis --dont relève Ferguson-- a affirmé jeudi sur Facebook que la police intervenait de la même manière, qu'il s'agisse d'un vrai ou d'un faux pistolet.

Face à la colère des internautes, le chef de cette police avait dû retirer le message et présenter ses excuses.

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