Recrutement ardu de pompiers volontaires depuis la tragédie de L'Isle-Verte

Les nouveaux postes de pompiers volontaires affichés depuis... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Les nouveaux postes de pompiers volontaires affichés depuis les mois de mars et avril sont très difficiles à pourvoir, selon Jocelyn Lussier, président de la Fédération québécoise des intervenants en sécurité incendie. L'incendie meurtrier de la Résidence du Havre (photo), à L'Isle-Verte, est survenu dans la nuit du 23 janvier.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carl Thériault

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rimouski) Le recrutement de pompiers volontaires ou à temps partiel est plus difficile au Québec depuis la tragédie de la Résidence du Havre à L'Isle-Verte.

«Quand on fait des affichages de postes depuis le mois de mars et d'avril, on voit un impact sur les offres d'emploi. [Les postes] doivent être à nouveau affichés pour combler le poste. Cette tragédie à L'Isle-Verte va rendre le recrutement plus difficile pour un certain temps, surtout dans les régions. C'est un peu comme une vague», admet Jocelyn Lussier, président de la Fédération québécoise des intervenants en sécurité incendie (FQISI).

Selon les données du ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP), 80 % des pompiers sont à temps partiel, soit 17 300 sur 21 800 pompiers, officiers et directeurs. En 10 ans, de 2000 à 2009, il y a eu une diminution de 2000 pompiers volontaires à cause du vieillissement de la population dans les régions éloignées, des jeunes qui quittent leur région, des pompiers plus âgés qui ne désirent pas s'engager dans une formation devenue obligatoire depuis 2004 et par l'attrait des emplois à temps plein dans les services de sécurité incendie des villes-centres.

«Dans notre fédération, nous avons des discussions avec des employeurs à cause de ces tragédies-là comme L'Isle-Verte et Lac-Mégantic. Ils nous disent que ce n'est pas facile pour le recrutement. C'est aussi un frein pour les pompiers volontaires qui veulent devenir des officiers, souligne M. Lussier. Vous savez, le terme pompier volontaire n'existe plus au Québec. Il reste une dizaine de services d'incendie au Québec qui ne sont pas payés. Cela ne se fait plus parce que [par rapport] à la CSST, ce n'est plus légal.»

Selon un sondage mené en 2012 par le MSP auprès des représentants du milieu de l'incendie, des élus municipaux et des directeurs de municipalités et de MRC, 75 % des répondants soutenaient que l'engagement volontaire des citoyens envers leur communauté était en péril pour ce qui est de la relève et de la rétention des pompiers volontaires et à temps partiel dans les régions.

Grand taux de roulement

Un pompier à temps partiel sur appel dans une municipalité de moins de 25 000 habitants reçoit 306 heures de formation et est payé, en moyenne au Québec, de 5000 $ à 10 000 $ par année. «Il y a un taux de roulement énorme. Plusieurs personnes sont réticentes d'aller suivre cette formation qui dure de un an à un an et demi alors que ces personnes occupent des emplois à plein temps pour gagner leur vie.»

Les effets se font aussi sentir sur les bancs d'école. La formation des pompiers se poursuit à un rythme plus lent à l'École nationale des pompiers du Québec. Depuis trois ans, il y a entre 800 et 1000 inscriptions par année pour la formation des pompiers volontaires alors qu'au début, il y a une dizaine d'années, 18 000 futurs pompiers à temps partiel étaient inscrits.

«Il n'y a pas de baisse dramatique. Le gouvernement a annoncé dans son dernier budget pour les municipalités un programme de subvention qui paie 100 % du coût de la formation des pompiers à temps partiel. Peut-être qu'il y a des municipalités qui ont levé le pied temporairement en attendant la confirmation de ce budget?» analyse Jacques Proteau, directeur à l'École nationale des pompiers du Québec, qui refuse toutefois de commenter la situation vécue à L'Isle-Verte.

Depuis 2004, un nouveau règlement au Québec porte sur les exigences minimales de formation et de qualification professionnelle pour les pompiers municipaux.

Le directeur de la sécurité publique et de la protection incendie de la MRC de La Mitis au Bas-Saint-Laurent, Jonathan Brunet, reconnaît être dans un «creux» pour le recrutement comme c'est le cas pour d'autres territoires. «L'effort demandé pour la formation rend aussi difficile le recrutement, surtout les pompiers qui ont de jeunes familles. Il faut rester innovateur dans nos campagnes de recrutement», dit-il.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer