Tragédie de L'Isle-Verte: «le free for all»

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rivière-du-Loup) «C'était le free for all», est venu raconter un citoyen, Pascal Paquin, dont le témoignage a souvent été interrompu par des sanglots. «Le premier pompier que j'ai vu, c'était après avoir tenté de sauver un monsieur. J'étais surpris de ne pas voir de pompiers du tout.» Arrivé sur la scène vers 0h30 dans la nuit du 23 janvier, l'homme a tenté de sauver des personnes prisonnières du feu de la Résidence du Havre. Pendant ce temps, sa soeur a tout filmé.

La vidéo de Nathalie Paquin-Tanguay, très difficile à visionner, démontre l'intensité et la violence du feu qui faisait rage, mais surtout à quel point les résidents n'ont eu aucune chance. On y entend la détresse des victimes. Les cris sont insoutenables à écouter. On y entend et voit la mort en direct. Cette vidéo, frappée d'une ordonnance de non-publication du son, a été déposée en preuve aux fins de l'enquête publique sur l'incendie lors duquel 32 personnes âgées sont décédées.

Au début, M. Paquin n'a pas vu de flammes. Il a vu de la fumée qui lui semblait provenir du rez-de-chaussée. «J'ai eu le temps d'aller tester la porte, rapporte le passant en pleurant. Elle était barrée. Je suis retourné à ma voiture pour aller chercher ma lampe de poche et ma cagoule. Je suis allé aider le monsieur qui voulait sauver sa mère. J'ai réussi à trouver de l'oxygène à un moment donné. Je suis redescendu. Il était temps que je redescende. Je n'ai jamais eu de ressources. Personne ne m'a pris en charge.»

La commissaire adjointe, Me Marie Cossette, reprend: «Vous avez agi avec beaucoup de courage et de bravoure, ce soir-là. Est-ce que vous avez réussi à faire des manoeuvres de sauvetage?» L'homme a du mal à répondre. «J'ai réussi à monter au deuxième étage pour essayer de sauver un monsieur», réussit-il à dire, la voix étranglée par l'émotion. Le silence qui suit témoigne de son impuissance. Pascal Paquin affirme que quand il a aperçu le premier pompier, il lui a semblé s'être écoulée une éternité. «Le pompier n'avait aucun masque à oxygène, s'étonne-t-il encore. Il était trop tard...»

Sa soeur, tout aussi affectée émotivement, ignorait qu'il s'agissait d'une résidence pour personnes âgées. «Il y avait des tisons, de la boucane, c'était effrayant, décrit-elle. Quand on est arrivés, ça a éclaté. Il y avait plein de débris qui tombaient.»

Quelques minutes plus tard, Audrey Dumont et Mathilde Blanchette-Langevin, qui passaient par là, se sont elles aussi arrêtées. Elles ont aussi pris des photos et tourné de courtes vidéos qui démontrent la rapidité avec laquelle le feu s'est développé. «J'ai vu une boule feu à l'étage, raconte Mme Dumont. Il y avait de la fumée dans le ciel. Il y avait des tisons qui sont sortis et qui tombaient dans le parking.»

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