Magnotta ne témoignera pas à son procès

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Luc Leclair, avocat de Magnotta

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Sidhartha Banerjee
Le Soleil

(Montréal) La défense a terminé la présentation de sa preuve, mardi matin, au procès de Luka Rocco Magnotta, et l'accusé ne sera donc pas appelé à la barre.

Me Luc Leclair aura finalement fait défiler une douzaine de témoins depuis deux semaines, dont deux psychiatres convoqués par la défense pour convaincre les jurés que Magnotta vivait un épisode de psychose au moment du meurtre de l'étudiant chinois Jun Lin en mai 2012, et qu'il ne peut être tenu criminellement responsable de ses actes ce soir-là. La défense a aussi fait témoigner le père de Magnotta pour raconter l'enfance trouble de l'accusé.

La défense a appelé comme dernier témoin, mardi matin, l'enquêteur principal au dossier au Service de police de la Ville de Montréal, Michel Bourque. Me Leclair l'a interrogé sur le compte de téléphonie cellulaire de l'accusé, qui laisse croire que Magnotta a acheté l'appareil sous le pseudonyme «Chris Lemieux», et qu'il a changé fréquemment son numéro au cours des six mois précédant le meurtre.

Magnotta, âgé de 32 ans, a plaidé non coupable aux accusations de meurtre prémédité de l'étudiant chinois Jun Lin, d'outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène, et de harcèlement criminel (du premier ministre Stephen Harper et d'autres députés fédéraux).

L'accusé a cependant reconnu être l'auteur des crimes qui lui sont reprochés, et son avocat plaide la non-responsabilité criminelle pour cause d'aliénation mentale. La poursuite, elle, soutient que Magnotta avait prémédité les crimes.

La Couronne a appelé mardi un témoin «en contre-preuve», le psychiatre montréalais Joel Paris, qui a été le dernier médecin à avoir rencontré Magnotta avant le meurtre. Lors de cette consultation d'une heure tenue environ un mois avant le crime, en présence d'un médecin résidant, le docteur Paris n'a observé aucun signe de schizophrénie ou de psychose prolongée chez Magnotta.

Le psychiatre avait diagnostiqué plutôt chez son patient un «trouble de la personnalité limite», qui, a-t-il soutenu mardi, correspond tout à fait aux symptômes décrits par Magnotta: humeur instable, marquée par des hauts et des bas, et relations interpersonnelles tendues. Ce diagnostic est fondé sur la seule consultation du 17 avril 2012, car le psychiatre n'a pas eu accès au volumineux dossier médical de Magnotta en Ontario. L'accusé lui avait été référé par un médecin d'une clinique sans rendez-vous.

Le docteur Paris a donc confirmé mardi à Me Louis Bouthillier qu'il n'avait pas inscrit au dossier les termes schizophrénie ou psychose maniacodépressive, car rien ne pouvait le démontrer, considérant les informations disponibles devant lui. Magnotta ne lui a pas demandé de médicaments particuliers, et n'a pas évoqué non plus qu'il entendait des voix.

Le procès entame mardi sa neuvième semaine d'audiences. Après que la défense a clôt sa preuve, en matinée, la Couronne a indiqué au tribunal qu'elle appellerait de nouveaux témoins en «contre-preuve».

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