Tragédie de L'Isle-Verte: les pompiers n'ont pas de reproches à se faire

Le chef pompier de L'Isle-Verte, Yvan Charron (à... (COLLABORATION SPÉCIALE JOHANNE FOURNIER)

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Le chef pompier de L'Isle-Verte, Yvan Charron (à gauche), a défendu chaque décision qu'il a prise lors de l'incendie meurtrier de L'Isle-Verte. Il est ici en compagnie du premier pompier à être arrivé sur les lieux , Simon Lavoie.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rivière-du-Loup) Le chef pompier de L'Isle-Verte a eu droit à des questions en règle sur son manque de formation, ses décisions lors du sinistre, sa méconnaissance du schéma de couverture de risques, l'absence de poste de commandement, un conflit avec l'ancien maire et une contradiction dans sa déclaration faite aux policiers. Le coroner, Me Cyrille Delâge, n'a pas manqué l'occasion de faire quelques réprimandes à Yvan Charron lors de son long témoignage de mardi, en marge de l'enquête publique sur l'incendie meurtrier du 23 janvier à L'Isle-Verte.

Le central 9-1-1 a envoyé l'alerte sur le téléavertisseur du chef Charron à 00h25, mais il affirme ne pas l'avoir reçu. Un autre est envoyé à 00h29. L'officier se rapporte à 00h31. Pourtant, quand il a rencontré les policiers, il leur a dit avoir reçu l'appel du 9-1-1 à 00h22.

Arrivé sur les lieux à 00h40, il entre dans la partie 2 du bâtiment sans appareil respiratoire. «N'était-il pas dangereux ou est-ce que ça ne vous aurait pas rendu plus efficace d'avoir votre appareil respiratoire pour entrer à l'intérieur?» lui demande la commissaire adjointe, Me Marie Cossette. Yvan Charron lui répond qu'à l'âge qu'il a et avec l'expérience dont il dispose, il connaissait ses limites. «Oui, mais vous ne saviez pas ce qui vous attendait à l'intérieur, rétorque Me Delâge. Le sapeur soutient alors que dans la section où il est entré, il n'y avait pas de feu. «Oui, mais ce n'est pas le feu qui tue», talonne le commissaire.

Le directeur du Service des incendies n'a pas établi de poste de commandement. «Dans les grands désastres, quand il n'y a pas de poste de commandement, les pompiers deviennent une partie du problème, soutient Me Delâge. Allez-vous vous en souvenir?»

Le manque de formation de ses hommes et lui a aussi été mis à rude épreuve. «La formation, ce n'est pas votre fort», commente le coroner. Le chef Charron se campe derrière une clause grand-père qui l'exonère de la formation du fait qu'il était pompier avant 1998. Mais le commissaire a remis en cause son droit de se prévaloir de cette clause à cause d'un conflit qu'il avait eu avec le maire de l'époque, Serge Forest. Il avait alors perdu son poste de directeur pendant environ six mois. «On va s'entendre sur une chose, M. Charron, lui a servi le coroner. J'ai défendu les pompiers à temps partiel pendant 45 ans parce que j'étais impressionné de leur efficacité. Mais, depuis 2000, la loi a changé!»

Me Delâge l'a aussi blâmé sur sa méconnaissance du schéma de couverture de risques de la MRC de Rivière-du-Loup. «Vous l'avez parcouru pas plus que ça, a-t-il laissé tomber. Ça ne vous concernait pas! Ça ne vous intéressait pas!»

***

Un pompier a tenté de sauver sa mère... sans succès

Dans la nuit fatale du 23 janvier, quand il est arrivé sur les lieux de l'incendie de la résidence pour aînés, le pompier Jean-Guy Côté n'avait qu'une seule idée en tête : tout faire pour sauver sa mère qui logeait à cet endroit. Ce journalier de 60 ans, qui est sapeur depuis 41 ans, s'est immédiatement dirigé, de l'extérieur, vers l'endroit où était située la chambre de sa mère. Mais bien vite, il a dû faire le choix déchirant et douloureux de changer d'idée. Il était trop tard. Il n'y avait plus rien à faire. «Je n'ai pas réussi, se résigne à dire M. Côté. C'était trop emboucané...»

Des voisins ont vu une boule de feu

La cinquième journée d'enquête publique s'est terminée sur le témoignage de deux voisins de la Résidence du Havre. Dans la funeste nuit du 23 janvier, Mario Michaud et Aline Bourgoin ont tous les deux vu «une boule de feu». Selon eux, le foyer d'incendie émanait de la cuisine. M. Michaud a composé le 9-1-1 à 00h29. À 00h40, il est sorti sur son perron pour prendre une photo. «C'était l'embrasement jusqu'à la toiture», décrit-il. C'est à peu près au même moment qu'il a vu les pompiers arriver. «Pendant ce temps-là, M. Jean-Eudes Fraser criait et chialait pour avoir de l'aide pour sauver sa mère, se souvient-il. Il avait apporté une échelle, mais elle ne se rendait pas au deuxième.» Quelqu'un est venu frapper à la porte de la maison de Mme Bourgoin vers 00h25. «J'ai vu sortir des étincelles et des tisons à la hauteur du stationnement, raconte la femme demeurant à côté de la résidence pour personnes âgées. J'ai vu une lueur. La résidence était noire. Il n'y avait pas d'électricité.» La dame connaissait bien l'établissement puisqu'elle y faisait du bénévolat. «C'était tous des gens que je connaissais, précise-t-elle. C'était des amis. J'ai eu beaucoup de difficulté à m'en remettre.»

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