Meurtres d'enfants non résolus: possible suspect à Trois-Rivières

Le réalisateur Stéphan Parent, entouré de l'avocat Marc... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le réalisateur Stéphan Parent, entouré de l'avocat Marc Bellemare et de Nicole Roux, mère du petit Denis Roux-Bergevin, assassiné en novembre 1984, a présenté mercredi aux médias son documentaire Novembre 84, qui met en évidence des failles dans les enquêtes de la Sûreté du Québec sur l'enlèvement et le meurtre de sept enfants dans les années 80 et 90.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le documentaire Novembre 84, sur l'enlèvement et le meurtre de sept enfants âgés de 4 à 13 ans dans les années 80 et 90 à Montréal, est troublant.

Présenté mercredi aux médias de la région de Québec, le film d'une durée de deux heures met en évidence des failles dans les enquêtes de la Sûreté du Québec, qui avait tassé le service de police de Montréal et un des principaux enquêteurs à l'époque, Jacques Duchesneau. Une enquête publique sur le travail des policiers est demandée.

Ce qui est encore plus troublant, c'est que le film pointe un suspect qui demeure aujourd'hui à Trois-Rivières, non loin de la résidence des parents de Cédrika Provencher, disparue en 2007. 

«Ce qui me trouble avec ce gars de 54 ans, qui était aux premières loges le 1er novembre 1984, est qu'il est encore en liberté. Ça, ça me dérange. À l'époque, il avait 24 ans. Il sortait de Pinel [hôpital psychiatrique] parce qu'il avait assassiné un petit gars de 12 ans. Il avait mutilé quatre enfants avec des exactos. Je suis pas mal certain que quand les policiers avaient suspecté ce gars, ils ne connaissaient pas son passé parce qu'il était mineur quand il a commis tous ces crimes», a commenté l'avocat Marc Bellemare. On voit à quelques reprises l'ex-ministre de la Justice dans le film.

Après être demeuré à Montréal, le suspect a déménagé à Shawinigan, apprend-on dans le film. «Il a eu quatre dossiers d'agression. Aujourd'hui, il est à Trois-Rivières et ça me dérange beaucoup. On peut dire qu'il a une présomption d'innocence, mais est-ce qu'on peut faire dans le cadre de l'enquête un minimum avec ce gars et avoir son ADN», a demandé Me Bellemare.

«On a beaucoup de questions. Le documentaire n'est pas une preuve hors de tout doute. Le réalisateur a le mérite d'avoir pris trois ans de sa vie pour faire des recoupements, pour rencontrer des témoins qui n'ont jamais été rencontrés, pour sonner l'alarme», a-t-il ajouté.

Il estime également que les réponses qu'attendent les familles depuis 30 ans et les griefs envers les forces policières sont légitimes. Me Bellemare est convaincu que l'utilisation de nouveaux procédés d'enquête pourrait faire avancer grandement l'enquête dans la mesure où il y aurait une volonté en haut lieu. «On a de l'ADN, des traces de peinture, du sperme, du sang, des cheveux. Et on peut faire un certain nombre de recoupements avec des personnes, particulièrement un suspect», a-t-il souligné.

Me Bellamarre a déploré le laxisme, le manque de rigueur dans les enquêtes policières pour trouver celui qu'on pense être un tueur en série. L'avocat a indiqué que ce n'est pas la première fois qu'il y a des dérapages dans les enquêtes policières sur le meurtre d'un enfant en rappelant le cas du jeune Livernoche, au début des années 2000, qui avait fait l'objet d'une commission parlementaire. 

Enquêtes bâclées

Le réalisateur Stéphan Parent, qui résidait dans le quartier où les premiers enlèvements d'enfants ont eu lieu, croit que les enquêtes ont été bâclées. «Ce qu'on aimerait, c'est qu'il y ait une enquête publique. À défaut, c'est d'avoir un procureur qui surveillerait le travail des policiers pour qu'on arrive à un résultat. Ce n'est pas normal que des enfants disparaissent, se font assassiner et que jamais, jamais personne n'a été arrêté», a-t-il soutenu.

«Ça redonnerait confiance au public dans le système de justice et le travail des policiers. Ce n'est pas normal que des enfants assassinés ne soient pas sur la liste des crimes non résolus sur le site Web de la Sûreté du Québec», a ajouté le cinéaste.

Le film sera présenté à compter de vendredi jusqu'à lundi  au cinéma des Chutes, dans le secteur Saint-Nicolas, sur la Rive-Sud. Il y aura des représentations à 10h et à 18h. Vendredi soir, le journaliste Claude Poirier sera présent et répondra aux questions du public après la présentation du film. Le propriétaire du cinéma a offert gratuitement les salles pour la présentation du film, qui ne pourra être vu que dans un nombre limité de cinémas, faute de distributeur.

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