Sécurité dans les taxis: des chauffeurs pressés d'installer des caméras

Omar Berri a installé cette caméra dans sa... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Omar Berri a installé cette caméra dans sa voiture et il assure que ça fonctionne. Lorsqu'il pointe l'affiche indiquant la présence d'une caméra, par exemple à des jeunes turbulents, «tout à coup, ils deviennent calmes», dit-il.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) Craignant de plus en plus pour leur sécurité après les meurtres de deux des leurs en moins d'un an, les chauffeurs de taxi réclament à grands cris l'instauration de nouvelles mesures de sécurité. Mais les plus pressés ont déjà agi. Plusieurs ont installé une caméra, alors que d'autres gardent un couteau dans leur voiture pour se protéger.

«C'est le deuxième meurtre en un an, c'est grave. Là, ça presse, il faut faire quelque chose!» lance d'entrée de jeu Omar Berri, chauffeur de taxi et responsable des communications chez Taxi-coop à Québec. Il fait référence au meurtre récent de Hygin Veilleux, à Saint-Georges, mais aussi à Ziad Bouzid, ce père de trois enfants assassiné dans son taxi, à Montréal, en novembre 2013.

Les commentaires recueillis hier chez quelques chauffeurs au centre-ville font écho à son inquiétude. La violence est «pire à New York», dit l'un, «mais on ne sait pas ce qui s'en vient ici». Un autre admet que lorsqu'il travaillait de nuit, il avait du poivre de Cayenne pour se protéger. «T'as pas le droit, mais il faut que tu te défendes! Je peux vous dire que ce n'est pas reposant [la nuit]. Beaucoup de jeunes sur la brosse sont agressifs», alors que de nombreux autres se sauvent sans payer. Un autre admet de son côté qu'il a parfois un tournevis ou même un couteau à portée de main.

Tous les chauffeurs interrogés sont favorables à l'installation de caméras de sécurité dans les voitures.

C'est le ministère des Transports qui gère les taxis au Québec, sauf que Montréal a son propre bureau, qui relève de la Ville. Dans sa politique sur l'industrie du taxi déposée l'été dernier, la métropole exigera que la totalité de ses 4500 taxis soit munie de caméras, une mesure saluée par l'industrie. De telles caméras, reliées à une boîte noire dissimulée dans la voiture, coûtent de 1000 $ à 1500 $, indique Steven Vuong, gérant chez Maxcomm radio, à Montréal. Il en a déjà installé une centaine dans les taxis de la métropole et une douzaine dans ceux de la capitale.

À Montréal au printemps

À Montréal, l'installation de ces caméras commencera au début du printemps. Elle sera financée en partie par les revenus que générera la diffusion de publicités à bord. Les images tournées par les caméras ne pourront être vues que par les policiers à la suite d'une plainte.

Est-ce que ça marche, les caméras? Dory Saliba, président du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, répond que l'effet dissuasif est important. Lorsque Chicago a opté pour cette méthode, dit-il, le nombre d'agressions envers les chauffeurs a chuté de façon draconienne. Une étude du National Institute for Occupational Safety and Health a par ailleurs démontré que le nombre de chauffeurs de taxi tués était trois fois moindre dans les villes où des caméras étaient installées dans les véhicules.

****

Le ministre veut consulter d'abord

La sécurité des chauffeurs de taxi «préoccupe» le ministre des Transports, Robert Poëti. En entretien avec Le Soleil, l'ex-policier s'est dit disposé à rencontrer les représentants de l'industrie pour discuter de sécurité, mais pas à contribuer financièrement à l'installation de caméras ou de parois de séparation dans les voitures.

D'emblée, le ministre croit cette deuxième option «plus efficace qu'une caméra qui [ne va que] filmer l'agression». Mais M. Poëti ne veut rien imposer pour l'instant et souhaite d'abord consulter.

«Est-ce que je dois changer la réglementation? Obliger tout le monde à avoir une caméra? Ce sont des questions qui se posent.»

Il veut bien aider l'industrie à faire des achats groupés, à trouver des fournisseurs ou au moyen de législation, mais il ferme la porte à une aide financière. «Le taxi est une activité commerciale, et les compagnies de taxi ont cette responsabilité», tranche-t-il.

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