L'auteur d'un délit de fuite mortel toujours introuvable un an plus tard

Étienne Gourde, 28 ans, a été happé mortellement... (Photothèque Le Soleil)

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Étienne Gourde, 28 ans, a été happé mortellement le 8 novembre 2013 peu après 3h dans la rue du Court-Métrage, dans Neufchâtel. À l'instar de la famille de la victime, les résidents de l'endroit sont toujours marqué par cette triste nuit.

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(Québec) 8 novembre 2013, rue du Court-Métrage. Étienne Gourde, 28 ans, est happé mortellement par un véhicule fantôme. L'automobiliste quitte la scène aussi rapidement qu'il est apparu, abandonnant le jeune homme à son sort. Un an plus tard, la famille peine à panser une plaie encore vive, alors que l'auteur de ce délit de fuite mortel est toujours au large.

Comme il aimait le faire, Étienne Gourde venait de passer la soirée au bar le Dooly's, dans Neufchâtel, avec des amis. Sur le chemin du retour peu après 3h en cette nuit du 7 au 8 novembre 2013, un véhicule filant à vive allure surgit sur la rue du Court-Métrage et le percute violemment. Malgré les tentatives de réanimation des ambulanciers, le mécanicien natif de Saint-Nicolas succombe à ses blessures dans les heures suivantes.

Jointe par Le Soleil grâce aux réseaux sociaux, la soeur de la victime, Caroline Gourde, a accepté d'écrire quelques lignes pour rendre hommage à son frère, «son petit loup», un an plus tard. «On n'oublie jamais. On n'oublie jamais le moment précis où notre vie a basculé [...] Mais surtout... on ne t'oublie pas, mon cher frère», écrit-elle.

Dans sa missive, la jeune femme a une pensée toute spéciale pour l'automobiliste qui a emporté la vie de son frère. «Et toi non plus, toi, l'individu qui est dehors avec ce fardeau que tu portes. N'oublie pas que la vie est un cycle, elle donne mais elle reprend toujours et un jour... justice sera rendue», tranche-t-elle, sans appel.

Selon elle, la famille Gourde vit avec une «profonde souffrance» depuis le départ de son protégé, une souffrance «qu'on souhaite oublier». «Vous me direz "cela fait déjà un an"... moi, je vous répondrai que je ne me souviens pas réellement de l'avoir traversé. Les mêmes sentiments m'habitent toujours : tristesse et incompréhension. Mais maintenant, la perte de mon frère fait désormais partie de mon quotidien. Le vide qu'il laisse est désormais palpable», poursuit la jeune femme.

Une rue marquée

Les résidents de la rue du Court-Métrage sont toujours marqués, eux aussi, depuis cette triste nuit. «On ne peut pas oublier ça. Il y a eu mort d'homme», raconte Lorette Laflamme. C'est son conjoint, Armand Goulet, qui a appelé les secours cette nuit-là. Réveillé par le vacarme causé par la collision, il a vu l'ami d'Étienne Gourde affolé, cherchant de l'aide pendant que son camarade était inerte au sol, la tête ensanglantée. Un an a passé, mais le couple parle de l'accident avec la même verve que dans les heures suivant le drame. «J'espère qu'ils vont le trouver [le conducteur ou la conductrice]», de lancer M. Goulet.

Dans la maison voisine, Alexandre, aujourd'hui âgé de 12 ans, est le seul témoin connu de la scène, mis à part l'ami d'Étienne Gourde, dont l'identité et le témoignage n'ont jamais été révélés.

Éveillé au beau milieu de la nuit et intrigué par des bruits provenant de la rue, il s'est mis le nez dans sa fenêtre de chambre. Il aurait alors vu un VUS foncé, de marque inconnue, heurter Étienne Gourde, le projetant dans les airs. Le lendemain, il a livré son témoignage à la police, en plus de leur fournir un dessin. Depuis, plus de nouvelles.

Rencontrée vendredi, sa mère a fait savoir qu'il s'en est bien remis. «Il a fait un exposé oral dans sa classe pour en parler, quelques semaines plus tard», explique Nathalie Boulay. «On a tout de suite demandé un encadrement [psychologue] à l'école pour ne pas que ça le marque trop.» Alexandre a admis lui-même, vendredi, qu'il n'y pensait plus. Ses parents, eux, se demandent parfois ce qui est advenu de l'enquête lorsqu'ils entendent des manchettes similaires au bulletin de nouvelles télévisé. «J'aurais aimé ça, pouvoir voir le VUS», regrette son père, Gaétan Asselin. «J'espère qu'ils vont le trouver.»

L'enquête encore ouverte, malgré l'absence d'informations

L'enquête entourant le délit de fuite mortel qui a coûté la vie à Étienne Gourde est toujours ouverte au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Mais en un an, aucune information supplémentaire n'a été rendue publique pour aider la population à identifier le ou la coupable. En date du 7 novembre 2014, le VUS noir - d'une année récente - est toujours le seul indice diffusé aux médias, a confirmé François Moisan, porte-parole au SPVQ. Les autorités refusent de dire que l'enquête piétine et assurent que tout est mis en oeuvre pour retrouver l'auteur. L'organisme Jeunesse au soleil offre toujours une récompense allant jusqu'à 5000 $ pour toute information qui mènera à l'arrestation du responsable. Pour transmettre de l'information, les citoyens peuvent communiquer avec les policiers au 418 641-2447 ou au 1 888 641-2447.

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