Magnotta était dans un état de psychose, selon un témoin expert

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Luca Rocco Magnotta

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
Montréal

Un témoin expert appelé à la barre par la défense a estimé jeudi que Luka Rocco Magnotta était dans un état de psychose lorsqu'il a assassiné Jun Lin, et bien qu'il ait été conscient de ce qu'il faisait, il ne réalisait pas que c'était mal.

La psychiatre Marie-Frédérique Allard a été embauchée par la défense pour déterminer si Magnotta est criminellement responsable du meurtre de l'étudiant chinois, un élément clé pour l'avocat de l'accusé. Magnotta est accusé du meurtre prémédité de l'étudiant chinois Jun Lin, en mai 2012, mais s'il a admis les faits, il a par contre plaidé non coupable, son avocat voulant présenter une défense d'aliénation mentale.

La Couronne allègue plutôt que le meurtre de M. Lin était prémédité et délibéré.

La psychiatre a dit aux jurés, jeudi après-midi, qu'elle croit que Magnotta souffrait de schizophrénie lorsqu'il a tué et démembré Jun Lin. Selon elle, sa perception de la réalité était déformée lorsqu'il a commis les cinq crimes pour lesquels il est accusé.

Avant de tirer cette conclusion, la docteure Allard a pu consulter la preuve et les différents dossiers médicaux de l'accusé, et a rencontré à plusieurs reprises Magnotta, pendant environ 25 heures en tout, à partir de décembre 2013.

Selon Mme Allard, les cinq accusations qui pèsent contre Magnotta peuvent s'expliquer par les troubles mentaux de l'accusé.

En plus d'être accusé de meurtre prémédité, Magnotta fait face à des accusations d'outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène, et de harcèlement criminel (du premier ministre Stephen Harper et de députés fédéraux).

La psychiatre a ajouté que l'accusé était un de ses cas les plus difficiles, parce qu'il souffrait de schizophrénie tout en minimisant ses troubles mentaux. Elle a jugé que son cas était intéressant, puisque la schizophrénie de son père pourrait l'avoir influencé à nier sa propre maladie.

Les jurés ont en outre appris que Magnotta avait été diagnostiqué d'une schizophrénie paranoïde en 2001, alors qu'il avait 19 ans.

Mme Allard a cité un médecin qui avait décrit l'état de l'accusé dans des documents de l'hôpital Ross Memorial, à Lindsay, en Ontario. Le psychiatre qui l'avait traité s'interrogeait à savoir si Magnotta était vraiment malade, ou s'il «feignait» une certaine condition.

Lorsqu'il a reçu ce diagnostic, quelque temps plus tard, l'accusé aurait tenté de s'enlever la vie avec ses médicaments, selon la témoin.

Plus tôt jeudi, la psychiatre Renée Roy, qui traite actuellement l'accusé, a raconté qu'il était tombé en amour avec un infirmier en avril 2013. Magnotta aurait mal interprété les intentions de l'homme, qui avait complimenté ses vêtements.

L'infirmier a finalement été muté ailleurs dans le centre, ce qui avait attristé Magnotta, selon Mme Roy.

Le jury a aussi entendu le docteur Jacques Talbot, qui a été le premier psychiatre à traiter Magnotta dès juin 2012, à Rivière-des-Prairies. Il lui avait donné son congé de l'infirmerie en août, estimant qu'il ne nécessitait plus de soins constants depuis que sa médication avait été bien dosée. Le docteur Talbot a rencontré Magnotta à six reprises entre juin et novembre 2012, la plupart du temps pour modifier la médication afin d'en atténuer les effets secondaires.

Le procès reprendra lundi prochain avec la suite du témoignage de Marie-Frédérique Allard.

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