Menace envers un directeur de prison: une «joke plate»

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Dominic Delisle, qui purge une seconde peine fédérale de quatre ans pour proxénétisme et port d'arme, est ce qu'on appelle un détenu malcommode.

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(Québec) En prison, il y a des blagues qui se font et d'autres qui ne se font pas. Suggérer de mettre une bombe sous la voiture du directeur tombe dans la deuxième catégorie, comme l'a appris Dominic Delisle, proxénète récidiviste et violent.

L'homme de 27 ans, arrogant et beau parleur, a dû expliquer jeudi à la juge Johanne Roy pourquoi il a ciblé le directeur du pénitencier de Donnacona, Marc Lanoie.

Dominic Delisle, qui purge une seconde peine fédérale de quatre ans pour proxénétisme et port d'arme, est ce qu'on appelle un détenu malcommode, a témoigné l'agent correctionnel responsable de son cas.

Le prisonnier multiplie les requêtes, pose constamment des questions, fait des plaintes. Et il visite le tribunal disciplinaire plus souvent qu'à son tour.

En avril 2013, frustré de se faire saisir des photos - jugées obscènes - dans son courrier, Delisle décide de s'adresser à la plus haute autorité de la prison, le directeur Marc Lanoie.

Il lui adresse une lettre qui contient des menaces voilées, juge le directeur. «Lorsqu'on s'en prend à un particulier, qu'on oppresse continuellement, cela peut être dommageable», écrit notamment Delisle.

Avant de rédiger sa missive de trois pages, le détenu s'était renseigné. Lors d'une fouille, les agents trouveront dans sa cellule une note sur laquelle Delisle a écrit le parcours professionnel du directeur et où il se donne comme mission de découvrir ce qu'il a fait avant d'être directeur et quelles sont ses allégeances politiques. «Je voulais savoir à qui je m'adresse, pour pouvoir juger s'il était plutôt du type répressif ou libéral», expliquait jeudi Dominic Delisle.

Marchandage

En juillet 2013, Delisle propose à son agent correctionnel Claude Thibault d'intégrer enfin un programme de formation si, en retour, les autorités lui redonnent accès aux visites.

L'agent rétorque qu'un tel marchandage est impossible.

Selon le témoignage de l'agent Thibault, le détenu annonce alors qu'il devra passer à son plan B, à savoir placer des bombes sous les voitures du directeur Marc Lanoie et d'un agent de renseignements de sécurité, Sylvain Laberge.

Claude Thibault signalera l'incident et le détenu est placé en isolement, puis, au bout de quelques semaines, envoyé au pénitencier de Renous au Nouveau-Brunswick.

Pour la première fois de sa carrière longue de 27 ans dans les services correctionnels, Marc Lanoie a dû témoigner jeudi à titre de plaignant contre un de ses détenus.

Non, Donnacona, pénitencier à sécurité maximale, n'est pas une cour d'école, convient Marc Lanoie, en réponse à une question de l'avocat de Delisle. «Oui, il s'en passe des choses, mais que le directeur se fasse menacer à trois reprises par le même individu, ce n'est pas du commun», avoue le directeur, vêtu d'un complet sombre.

En défense, Dominic Delisle assure qu'il a simplement fait une «joke plate» en parlant de bombes, une blague pour laquelle il s'est excusé, insiste-t-il.

Dominic Delisle saura le 19 décembre si la juge Roy le reconnaît coupable d'avoir intimidé deux personnes liées au système judiciaire.

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