Peine de neuf mois pour un sorcier qui a fraudé trois femmes

Yacouba Fofana... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Yacouba Fofana

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(Québec) Le sorcier Yacouba Fofana plaide coupable et écope d'une - vraie - peine de détention de neuf mois pour pratique illégale de la magie et fraude aux dépens de trois femmes de la région de Québec.

L'homme de 37 ans, qui se faisait appeler Professeur Alfonseny dans ses publicités diffusées sur le Web et dans les journaux, promettait, notamment, d'éliminer les mauvais sorts, de ramener l'être aimé et de désenvoûter d'une manière générale.

Entre les mois de mars 2013 et avril 2014, Fofana a réussi à prendre dans ses filets plusieurs victimes, dont trois ont porté plainte à la police. «Il s'attaquait à des personnes vulnérables qui avaient des problèmes majeurs et qui croyaient fermement à ses dons», explique Me Guillaume Michaud.

L'une des victimes, délaissée par son conjoint, a versé plus de 5000 $ afin que le sorcier fasse des sacrifices d'animaux en son nom. Le professeur avait pris soin de dessiner la main de sa patiente sur une feuille et de lui couper une mèche de cheveux.

Lorsque la dame a dénoncé le charlatan, les policiers ont envoyé un agent d'infiltration jouer les clients éplorés. Cet agent a dû verser au mystificateur 700 $ pour le sacrifice d'un agneau et l'achat de saphir et de talisman.

Yacouba Fofana, déjà devant la cour pour une histoire similaire à Montréal, a été arrêté à Québec en avril.

La juge Hélène Bouillon a entériné la suggestion de peine de neuf mois de prison faite par le procureur de la Couronne Me Guillaume Michaud et l'avocat de la défense Me Charles Levasseur.

Dans les faits, Fofana n'a plus qu'une journée de prison à purger puisqu'il est détenu depuis l'équivalent de neuf mois.

Le sorcier sera sous probation durant deux ans et aura une année pour rembourser 3000 $ à une victime.

Il devra aussi disparaître à tout jamais du district judiciaire de Québec. Selon la poursuite, l'homme avait loué un logement dans le secteur Sainte-Foy strictement pour exploiter son commerce illégal.

Il lui sera aussi interdit de pratiquer tout commerce de voyance, magie ou bonne aventure.

En 2005, Yacouba Fofana avait plaidé coupable à une accusation de fraude. Il s'en était tiré avec une sentence suspendue et l'obligation de rembourser quelques milliers de dollars à une victime.

Victime d'un sort

Sans avertissement, Marie (prénom fictif) s'est mise à souffrir le martyre en mars 2013. «Tout de suite, j'ai pensé à un sort.» Elle a donc appelé le professeur Alfonseny.

Lors de l'enquête préliminaire de Yacouba Fofana à la fin de l'été, la femme de 50 ans a expliqué en détail les pratiques troublantes du charlatan.

Après avoir reçu 40 $ pour la consultation, le sorcier prend une feuille de papier blanc et la plie. Il demande à la patiente de fermer les yeux. Une incantation plus tard, le professeur déplie la feuille et, écrits en lettres de cendre, apparaissent les mots «Johanne vous a envoyé un sort».

Le sorcier refait son manège pour finalement annoncer à Marie que le sort s'est envolé, mais que la maladie, invisible, reste en elle.

Pour s'en débarrasser, elle et sa conjointe devront sacrifier deux vaches. Coût du traitement : 7000 $.

En plus de l'argent, les dames devront rapporter au sorcier des ongles et des cheveux.

Deux jours plus tard, le sorcier retourne voir Marie chez elle avec, dans un seau, ce qu'il prétend être les os de la vache sacrifiée. Il demande à sa patiente de purifier ses mains avec le contenu du seau.

Le sorcier prétend qu'il doit aussi nettoyer toute la maison, envahie par le mauvais sort.

Dans l'espoir de se libérer de ses maux, Marie achètera des chandelles rouges et blanches, des oeufs et du sel qu'elle place à des endroits stratégiques.

Elle ajoute des draps rouges dans son lit et place des aiguilles dans une enveloppe sous le matelas.

En vain. Elle finit par se choquer contre le professeur et le traite d'escroc. «Prendre 15 000 $ et rien faire, rouspétait-elle lors de l'enquête préliminaire. Si au moins il avait fait de quoi qui m'avait fait remonter la pente, mais rien!»

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