Zehaf Bibeau était frustré de ne pas avoir de passeport

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Sur cette image tirée d'une vidéode surveillance, Michael Zehaf Bibeau court vers le parlement une arme à la main.

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Lee-Anne Goodman, Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

Les personnes qui ont fréquenté le tireur du parlement d'Ottawa dans ses derniers jours ont indiqué qu'il était frustré de ne pas avoir obtenu de passeport et qu'il combattait une dépendance à la drogue.

Norman LeBlanc, un ancien camionneur âgé de 60 ans qui fréquentait un refuge du centre-ville d'Ottawa où Michael Zehaf Bibeau a passé ses dernières nuits, a raconté qu'il avait rendu tellement furieux certains hommes du refuge qu'une bataille avait presque éclaté récemment.

M. LeBlanc a dit que Zehaf Bibeau s'était lancé dans une tirade pour dire à quel point il détestait le Canada et combien il était furieux d'avoir été incapable d'obtenir un passeport pour quitter le pays.

Il a ajouté que sa colère avait presque poussé d'autres hommes du refuge à amener Zehaf Bibeau à l'extérieur afin de le battre.

D'autres hommes du refuge ont raconté que la police s'était présentée dans l'édifice mercredi après la fusillade afin de récupérer un sac en toile dans le casier de Zehaf Bibeau. Le sac était si lourd que deux personnes ont dû s'y mettre pour le transporter à l'extérieur.

Zehaf Bibeau priait souvent avec deux hommes d'origine somalienne au refuge devant une fenêtre qui donne vers l'est, conformément à la religion musulmane.

Un des deux Somaliens, Abdel Kareen Abubakrr, a réfuté la théorie selon laquelle la religion avait joué un rôle dans le geste de son nouvel ami.

«Il souffrait de dépendance à la drogue; il ne consommait plus depuis trois mois, a-t-il dit. Je crois qu'il fumait du crack.»

Malgré ses récents problèmes, cependant, ceux qui connaissaient Zehaf Bibeau il y a quelques années ont dit que le jeune homme semblait alors prometteur.

L'assaillant a fréquenté des écoles secondaires privées à Montréal et à Laval durant les années 90. Le directeur du Collège Laval indique ainsi que Zehaf Bibeau y a été un élève de 1995 jusqu'à mi-parcours de l'année scolaire 1998-1999, lorsque ses parents l'en ont retiré sans raison.

Toujours selon M. Abubakrr, Zehaf Bibeau aurait dit aux gens fréquentant le refuge qu'il avait quitté Vancouver pour Ottawa afin d'obtenir un passeport. Le Somalien a mentionné que son nouveau partenaire spirituel désirait quitter le pays pour faire traiter sa dépendance ailleurs, puisqu'il sentait qu'il lui était impossible d'obtenir les soins nécessaires ici.

Il y a trois jours, a poursuivi M. Abubakrr, Zehaf Bibeau a recommencé à consommer, et il a commencé à adopter des «idées extrémistes» après que sa demande de passeport eut été rejetée. Il n'a toutefois pas donné de détails sur la nature de ces idées extrémistes.

«C'était un bon gars, il aimait discuter, c'était une personne très aimable, mais il était accro à la drogue. Dans les trois derniers jours, il a changé.»

Zehaf Bibeau avait un dossier criminel pour des crimes mineurs au Québec et en Colombie-Britannique. Il a visité, pendant plusieurs mois en 2011, une mosquée à Burnaby, à l'est de Vancouver, jusqu'à ce qu'on lui intime de ne plus y revenir, a indiqué Aasim Rashid, de l'Association musulmane britanno-colombienne.

M. LeBlanc a toutefois contesté l'affirmation voulant que le tireur ait recommencé à se droguer. En fait, dit-il, Zehaf Bibeau a été entendu alors qu'il téléphonait dans les jours précédant l'attaque à diverses agences de location de voitures pour obtenir un véhicule. «Personne ne fait ça sous l'emprise de la drogue. Personne», a dit M. LeBlanc.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a fait savoir jeudi que le tireur avait acheté une voiture mardi.

Lors d'une conférence de presse donnée jeudi à Ottawa, le commissaire de la GRC Bob Paulson a précisé que la demande de passeport de Zehaf Bibeau n'avait pas été refusée, mais qu'elle était plutôt toujours en traitement.

«La demande était toujours en évaluation. Il ne l'avait pas, mais les démarches quant à savoir s'il finirait par le recevoir suivaient leur cours.»

Au dire d'une autre personne ayant connu Zehaf Bibeau à Vancouver, celui-ci aurait manifesté le désir de se rendre en Libye, le pays d'origine de son père. Il gagnait un peu d'argent comme manoeuvre et débardeur pour des camions-remorques, argent qu'il dépensait pour se procurer du crack et de l'héroïne.

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