La police cherche toujours activement un deuxième suspect

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Le périmètre change en fonction des informations recueillies pendant les recherches, a précisé la police d'Ottawa.

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La Presse Canadienne
Ottawa

La police d'Ottawa cherche toujours activement un deuxième individu en lien avec les fusillades survenues mercredi matin dans la capitale: le périmètre de sécurité a ainsi été modifié au centre-ville en début de soirée et des édifices auparavant déclarés sécuritaires ont été replacés en confinement.

Le périmètre change en fonction des informations recueillies pendant les recherches, a précisé la police d'Ottawa. Sur la base d'informations obtenues de témoins et des services de renseignement, «il y a une forte possibilité d'un second suspect», a précisé en soirée un porte-parole de la force policière, Alain Boucher.

La capitale du Canada a été le théâtre de scènes de terreur, mercredi, alors qu'un suspect a été abattu après avoir ouvert le feu au Monument commémoratif de guerre et au parlement, faisant un mort et deux blessés.

Le tireur a été abattu au coeur même du parlement, à quelques mètres à peine de la Chambre des communes.

Selon plusieurs sources, il a été tué par le sergent d'armes du parlement, Kevin Vickers, dans le Hall d'honneur de l'édifice. Un haut responsable gouvernemental canadien a confirmé que le suspect abattu était Michael Zehaf-Bibeau.

La victime, un soldat qui montait la garde mercredi au Monument commémoratif de guerre, a succombé à ses blessures. Il s'agit de Nathan Frank Cirillo, âgé de 24 ans, membre de la garnison des Argyll & Sutherland Highlanders du Canada, des réservistes basés à Hamilton.

Les autres victimes n'auraient subi que des blessures mineures, mais l'une d'entre elles a été blessée par balle.

Lors d'un point de presse commun en début d'après-midi, la police d'Ottawa et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont déclaré d'entrée de jeu que beaucoup de questions restaient encore sans réponse, puisque les opérations policières et l'enquête étaient toujours en cours.

Ils n'ont pas voulu dire si l'homme qui a été abattu est responsable des deux fusillades, et n'ont pas voulu préciser son identité.

«Il est encore trop tôt pour pouvoir déterminer un mobile», a dit le commissaire adjoint de la division nationale de la GRC, Gilles Michaud.

Le niveau de sécurité sur la colline du Parlement est au niveau «moyen» depuis des années, a précisé la GRC, et il n'avait pas été ajusté après l'attaque de lundi contre des soldats à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec. Un soldat y a été tué et un autre blessé par un jeune homme qui affichait des sympathies pour les djihadistes.

Le commissaire Gilles Michaud a admis avoir été surpris par les événements. «Si nous avions su que cela se préparait, nous aurions tenté de l'empêcher», a-t-il déclaré.

Une gigantesque opération policière a ainsi été déployée mercredi sur la colline parlementaire et dans ses environs peu après 9 h 52, après que de multiples appels eurent été logés auprès de la police d'Ottawa pour rapporter des coups de feu. Le périmètre de sécurité a été constamment élargi en matinée, pour commencer à être réduit en début d'après-midi.

Plus tôt, des passants avaient été emmenés pour leur sécurité à l'intérieur de certains bâtiments. Tous ceux qui étaient confinés à l'intérieur se faisaient dire par la police de se tenir loin des fenêtres. Les toits des bâtiments à proximité du parlement ont été ratissés. La panique s'est fait sentir à plus d'une occasion dans les rues d'Ottawa mercredi, alors que des policiers armés se déplaçaient et évacuaient des édifices et des secteurs du centre-ville, qui a été paralysé une bonne partie de la journée.

Le premier ministre Stephen Harper a rapidement été évacué du parlement mercredi matin. Il est en sécurité et a quitté la colline parlementaire, a indiqué son attaché de presse, Carl Vallée.

Le premier ministre a condamné «cette attaque méprisable».

M. Harper s'est entretenu avec le président américain Barack Obama et avec le premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, a fait savoir le bureau du premier ministre.

L'ambassade des États-Unis à Ottawa, située près de la colline parlementaire, a aussi été placée en confinement.

En fin d'après-midi, trois gros camions blindés, similaires à ceux qui transportent habituellement le premier ministre, ont été vus se diriger vers la rue Sussex, où celui-ci réside. Le coffre de l'un des véhicules était entrouvert.

L'homme qui a été abattu au parlement est arrivé dans une voiture noire et est entré par la porte principale, sous la Tour de la paix, selon un témoin. Il était habillé en noir et avait un foulard autour de son visage.

Des témoins ont rapporté des coups tirés dans plusieurs couloirs du parlement. Certaines personnes ont quitté l'édifice en se servant des échafaudages qui sont installés pour des rénovations.

C'était le matin des caucus des partis politiques, la journée la plus occupée de la semaine au Parlement, ce qui signifie que la majorité des députés étaient présents dans l'édifice du Centre.

La députée Rosane Doré Lefebvre assistait à la réunion hebdomadaire de son parti, qui a lieu dans une salle adjacente au Hall d'honneur du parlement.

«Soudainement, nous avons entendu des coups de feu, et ils se rapprochaient de nous, a-t-elle raconté. Les agents ont vite verrouillé la porte et nous ont demandé de nous cacher sous les tables».

«Après un moment - le temps s'est suspendu, je n'arrive plus à me souvenir combien de temps nous sommes restés là -, on nous a ordonné de sortir en silence et en courant. C'est là que j'ai senti l'odeur de poudre».

Elle qualifie les événements «d'irréels». «C'est notre institution démocratique qui a été attaquée. C'est troublant», a-t-elle ajouté.

Fusillade au Monument commémoratif de guerre

Le réserviste Nathan Frank Cirillo a été tiré à bout portant à deux reprises, a rapporté un témoin.

Un autre témoin, Scott Walsh, travaillait dans un puits d'accès près de l'édifice de l'Est, entre le Monument commémoratif de guerre et l'édifice du Centre, lorsqu'il a entendu des échos de coups de feu. Il a vu un homme avec de longs cheveux noirs, le visage couvert par un foulard blanc.

«Il avait une arme à double canon, il était à environ cinq pieds de moi et il a couru près de nous», a-t-il dit.

Le tireur a détourné une voiture sous la menace de son fusil et s'est dirigé vers la Tour de la paix, a ajouté M. Walsh.

Deux personnes ont pratiqué des techniques de réanimation sur le militaire atteint par balles sur les marches du Monument, jusqu'à ce qu'il soit placé sur une civière et emmené par ambulance peu après 10 h.

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