Sécurité nationale: de sérieuses questions à se poser

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Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) Après les considérations immédiates sur la sécurité dans le contexte de l'attentat de mercredi, le gouvernement canadien et les services secrets devront se poser plusieurs questions à la suite des attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa, selon un expert en sécurité nationale, la première étant : est-ce les services de sécurité investissent leurs ressources au bon endroit dans le contexte où la menace vient aussi de l'intérieur?

Dans les cas de force majeure comme l'attentat d'Ottawa, mercredi, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a le mandat de s'assurer que le gouvernement puisse continuer de fonctionner. La priorité est d'abord de protéger le premier ministre. Stephen Harper a donc été conduit dans un lieu gardé secret pour, un peu plus tard, regagner sa résidence officielle du 24 Sussex, lorsque la situation l'a permis, explique l'expert en sécurité nationale et professeur à l'Université d'Ottawa, Wesley Wark.

La GRC comporte des membres bien entraînés pour faire face à ce genre de situation et pour assurer la protection des politiciens-clés et du gouverneur général. Ces opérations sont coordonnées à partir d'Orléans en banlieue d'Ottawa.

Changements souhaitables?

Il faudra ensuite enquêter pour mieux comprendre la fusillade. «Dans l'enquête à plus long terme, il faudra se demander si, au niveau du renseignement, des choses ont manqué, si l'on aurait pu faire les choses différemment pour éviter une attaque. Est-ce que nos capacités de prévention sont adéquates ou devons-nous faire des changements?»

Martin Couture-Rouleau, le jeune homme converti à l'islam radical abattu par la police après avoir foncé sur des militaires, vivait à Saint-Jean-sur-Richelieu. À Ottawa, un suspect, abattu, serait né à Montréal. Puisqu'il pourrait s'agir de deux cas de terrorisme intérieur, Wesley Wark croit que les autorités se poseront forcément la question à savoir s'il ne serait pas pertinent de recentrer les efforts là où «la menace se trouve réellement».

Il n'existe pas de profil unique ou précis d'individus pour perpétrer des actions terroristes, ce qui laisse dire deux choses au professeur : d'abord que les attentats ne peuvent pas tous être prévenus, mais aussi qu'il faut maximiser la prévention, explique-t-il sur son blogue.

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