Attentat contre des militaires: «Ce n'est que le tout début»

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Plusieurs membres des médias ont sonné à la porte du père de Martin Couture-Rouleau mardi afin d'obtenir ses commentaires.

La Presse, Martin Chamberland

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(Québec) Trois experts. Trois bagages importants. Aurélie Campana (A.C.) est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme à l'Université Laval. L'avocat David Harris (D.H.) est directeur du programme de renseignement international et terroriste au Insignis Strategic Research à Ottawa. Stéphane Leman-Langlois (S.L.-L.) est directeur de l'Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme, aussi à l'Université Laval. Éclairage de pros pour y voir (un peu) plus clair.

>> Un «attentat»?

A.C. «Un attentat présumé, possible, potentiel, à confirmer. [...] Les bribes d'information qu'on a [...] laissent à penser que son acte est motivé politiquement, donc que ce serait un attentat terroriste, mais il faut qu'on le confirme.» Il ne faut pas penser qu'il s'agit du premier d'une vague d'attentats organisés par un groupe.

D.H. Il faudra évaluer la santé mentale de l'attaquant. Les faits suggèrent fortement une attaque d'un extrémiste islamiste. «Ce n'est que le tout début de ce qui s'en vient. Nous lançons des alertes depuis des années.» L'extrémisme se répand, aucune région n'est à l'abri.

S.L.-L. Les attaques de groupes radicaux, pas toujours religieux, sont exceptionnelles, mais communes au Canada. «Je ne suis pas surpris. [...] C'était un peu prévisible. Si on s'engage dans les actions violentes à l'étranger, c'est sûr qu'il faut s'attendre à ce qu'il y ait un backlash à la maison.» Pas de tsunami en vue. «Mais c'est sûr qu'il va y en avoir d'autres. Le risque qu'il y en ait d'autres au Canada dans les deux prochaines années est d'à peu près 100 %.»

>> Enrôlement de jeunes

A.C. «Il y a une tendance relativement lourde [...] de ces individus, quelquefois très jeunes, hommes et femmes, à peine sortis de l'adolescence, qui se radicalisent. [...] Ils versent dans une version très radicale de l'islam.» La radicalisation est généralement longue. Mais on observe une accélération extrême : «La radicalisation se fait à la vitesse grand V.»

D.H. «On verra un nombre grandissant d'actes terroristes perpétrés par de petites cellules et des individus seuls.» On ne peut vérifier tous les Canadiens qui développent des pensées extrémistes ni les dizaines de milliers d'immigrants.

S.L.-L. «On met facilement une étiquette de brainwashing ou de militantisme étourdi sur ces gens-là. Il y a quelque chose de rationnel quand même là-dedans: il y a des problèmes en Irak.» Le gouvernement canadien a décidé de prendre des actions violentes. Dans l'autre camp, certains prennent aussi des actions violentes. La logique de guerre.

>> Des dizaines d'extrémistes, ici

A.C. Plusieurs dizaines de Canadiens, peut-être des centaines, ont été embrigadés, pas toujours au nom de l'islam. Ils sont en Syrie, en Afghanistan, en Somalie, dans le Caucase... Une fois «confirmé dans sa croyance» par des recruteurs, le combattant essaie de quitter le pays pour aller se battre en Syrie, en Irak, par exemple. Même si on lui retire son passeport, il réussit souvent à franchir les frontières. «C'est quand ils reviennent que ces gens-là représentent un risque sécuritaire peut-être important.»

D.H. Très compliqué pour les forces de l'ordre de gérer ces extrémistes. Les policiers ont parfois suffisamment de preuves pour faire retirer leur passeport, mais pas assez pour les faire accuser. 

S.L.-L. «Mission impossible» pour les forces de l'ordre de suivre tous les extrémistes, dont des écolos, des militants d'extrême droite... Comme il est impossible de suivre tous les éventuels meurtriers. Il y a toutefois très peu d'actes terroristes commis au Canada. 

>> La peur 

A.C. «Il ne faut pas paniquer.» Surtout ne pas faire l'amalgame entre islam et violence. «Tous les Arabes ne sont pas radicaux et ne sont pas des terroristes en puissance.»

S.L.-L. Il faut faire attention avec le terme terrorisme qui sert parfois à justifier d'augmenter les budgets et les pouvoirs des forces de l'ordre. «La sécurité nationale n'est pas en jeu du tout.» Il ne faut pas oublier qu'il y a entre 500 et 600 meurtres au Canada chaque année. «On n'est pas dans une affaire où il faut aller se rouler en boule dans notre sous-sol.»

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