Cycliste écrasé par une autopatrouille: les freins défectueux

Les reconstitutionnistes de la SQ ont réussi à... (Photothèque le Soleil, Patrice Laroche)

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Les reconstitutionnistes de la SQ ont réussi à confirmer que l'autopatrouille impliquée dans l'accident mortel avait des problèmes aux freins ABS. Ils tenteraient toujours de déterminer si cette défectuosité pourrait avoir fait en sorte d'allonger la distance de freinage du véhicule.

Photothèque le Soleil, Patrice Laroche

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) L'autopatrouille de la police de Québec qui a percuté le cycliste Guy Blouin, le 3 septembre dans le quartier Saint-Roch, a éprouvé une défectuosité avec son système de freinage ABS lors de la collision qui a coûté la vie à cet homme de 48 ans, a appris Le Soleil. Au moment de l'impact, le véhicule roulait à reculons, et à haute vitesse, selon des témoins de la scène.

Le problème des freins ABS a été confirmé le vendredi 5 septembre au matin, quand les enquêteurs et les reconstitutionnistes de la Sûreté du Québec (SQ) se sont rendus dans la rue Saint-François Est, avec l'objectif de reproduire le plus fidèlement possible la collision entre le véhicule de police et le cycliste. Des tests de freinage ont été réalisés avec la même autopatrouille qui a heurté la victime, alors que le véhicule se déplaçait en marche arrière.

Les enquêteurs de la SQ tenteraient toujours de déterminer si cette défectuosité pourrait avoir fait en sorte d'allonger la distance de freinage du véhicule. Le rapport du reconstitutionniste et l'inspection mécanique du véhicule fourniront des réponses à ces questions. 

On essaie aussi de savoir si cette défectuosité avait été remarquée par les patrouilleurs qui utilisent ce véhicule ou les mécaniciens qui assurent son entretien, avant les tristes événements du 3 septembre dernier.

Le Soleil a consulté trois mécaniciens qui détiennent plus de 25 ans d'expérience dans leur domaine et qui sont familiers avec les systèmes de freinage ABS. Cette technologie permet aux automobiles de freiner de façon plus sécuritaire sur les surfaces mouillées ou glacées, en les maintenant droit dans leur trajectoire.

Deux de ces trois mécaniciens ont expliqué au Soleil que la distance de freinage peut être plus longue pour une voiture dotée de freins ABS en mauvais état, et ce, même si le véhicule se déplace en marche arrière. L'autre a pour sa part expliqué qu'il ne croyait pas que des freins ABS défectueux puissent jouer un rôle aussi important pour une voiture qui se déplace à reculons.

Bruno Bellavance, propriétaire du garage Auto Diagno-Centre rue Saint-Vallier, précise qu'une défectuosité hydraulique d'un système freinage ABS pourrait passer totalement inaperçue, même si le véhicule est bien entretenu. Ce n'est pas automatique que le voyant lumineux va se manifester dans le tableau de bord, quand une défectuosité se matérialise avec cette technologie, ajoute-t-il.

Le porte-parole de la SQ Guy Lapointe a refusé de confirmer les informations obtenues par Le Soleil, parce que l'enquête de la SQ est toujours en cours. Nous avons d'ailleurs appris que le policier de Québec qui était au volant l'autopatrouille lors de cette collision a été interrogé de nouveau la semaine dernière par les enquêteurs de la SQ, pour leur fournir un complément d'enquête. 

Le Soleil a aussi été en mesure d'éclaircir pourquoi les deux policiers se sont intéressés à

M. Blouin, lors cet après-midi du 3 septembre dernier. Les policiers ont voulu l'intercepter parce qu'il circulait en sens inverse dans la rue Saint-François Est. Celle-ci est un sens unique en direction est.

Policier promu enquêteur

Le directeur des communications de la police de Québec, François Moisan, a confirmé au Soleil que le patrouilleur qui conduisait la voiture de police a été promu aux enquêtes générales, de façon temporaire, en dépit de ce qui est arrivé à M. Blouin. M. Moisan a expliqué que le policier, qui détient une expérience d'une dizaine d'années au Service de police de Québec, avait traversé avec succès toutes les étapes du processus de sélection avant le 3 septembre dernier et qu'il se trouvait depuis sur une liste d'admissibilité.

Ce n'est que quelques semaines après le 3 septembre que la direction du service a choisi de faire appel à ce policier pour combler des quarts de travail au service des enquêtes générales.

«Si on avait bloqué son affectation temporaire, ça aurait été comme le punir avant la conclusion de l'enquête de la SQ», a indiqué M. Moisan.

Toute cette histoire entourant la mort de M. Blouin a soulevé les passions dans le quartier Saint-Roch, alors que de nombreux citoyens ont dénoncé cette intervention policière dès les premiers instants. Le chef de police de Québec, Michel Desgagné, a tenté de calmer le jeu samedi, dans un entretien au Devoir, en affirmant que la mort de l'homme de 48 ans était le fruit d'un «accident».

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