Procès Magnotta: le pathologiste incompétent, dit la défense

L'avocat de la défense Luc Leclerc... (La Presse, Martin Chamberland)

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L'avocat de la défense Luc Leclerc

La Presse, Martin Chamberland

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
Montréal

Le pathologiste judiciaire qui a pratiqué l'autopsie des restes humains de Jun Lin a été qualifié d'incompétent par la défense, vendredi, au procès de Luka Rocco Magnotta, pour le meurtre prémédité de l'étudiant chinois.

Me Luc Leclair a suggéré que les résultats de l'autopsie pratiquée par le Dr Yann Dazé comportaient des failles parce que le médecin légiste n'avait pas visionné la présumée vidéo du meurtre.

Le témoin expert a rappelé que ses opinions doivent être fondées sur ce qu'il observe dans la salle d'autopsie et non sur ce qui se trouve sur Internet. Il a répété qu'il ne voulait pas que ses conclusions soient altérées par des éléments extérieurs, et qu'il voyait déjà dans l'exercice de son métier suffisamment de choses dégoûtantes.

Par ailleurs, le pathologiste a indiqué vendredi au tribunal qu'il n'avait trouvé sur le corps de Jun Lin aucune trace qui permettrait de croire que la victime a offert une résistance. Le médecin avait déjà indiqué que deux drogues ont été découvertes dans l'organisme de Jun Lin : le somnifère sur ordonnance témazépam et l'antihistaminique Benadryl, en vente libre.

Le Dr Dazé a aussi admis que l'autopsie avait été difficile à pratiquer en raison du démembrement du corps et de l'état de décomposition avancé de certaines parties. Il a quand même pu conclure que la gorge de la victime avait été tranchée par un objet coupant, comme un couteau, et c'est ce qui est la cause probable du décès.

Jeudi, le pathologiste avait aussi expliqué au tribunal que Jun Lin a subi 73 blessures au haut du corps après son décès, et que son corps avait été démembré en 10 sections. Le médecin n'a pu déterminer par ailleurs si les nombreux coups infligés à la tête de la victime ont été portés avant ou après le décès. Toutes les blessures ont été infligées à l'aide de quatre armes distinctes, retrouvées par la police dans les ordures derrière l'immeuble où habitait Magnotta :un marteau, un tournevis, une petite scie oscillante électrique et un couteau.

Dans son contre-interrogatoire, vendredi, la défense a tenu à manipuler devant les jurés certaines armes déposées en preuve par la Couronne, notamment la scie oscillante électrique, qu'il a même branchée et fait tourner à grand bruit dans la salle d'audience. Il a aussi exhibé un marteau, le frappant violemment sur la table à un certain moment de son contre-interrogatoire.

Une thèse «simpliste»

Dans son témoignage, le Dr Dazé a déjà indiqué que la victime avait été frappée à la tempe à plusieurs reprises à l'aide d'un marteau. Me Leclair a tenté de démontrer, vendredi, qu'un seul coup de marteau, de force suffisante, aurait pu avoir le même effet sur la tempe de la victime. Le pathologiste, qui a pratiqué plus de 1100 autopsies, dont une dizaine impliquant un marteau, a réfuté cette thèse, qualifiée de «simpliste».

Le pathologiste a par ailleurs fait remarquer à plusieurs reprises à Me Leclair, sur un ton contrarié, qu'en manipulant de la sorte ces objets, il contaminait des pièces à conviction, mais aussi la salle d'audience. À un certain moment, le Dr Dazé a même demandé à ce que l'on change la carafe d'eau qui se trouvait devant lui, après avoir dû manipuler lui-même certaines armes déposées en preuve.

Le procès reprend mardi.

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