Homicide au terminus Les Saules: Dulac sort de prison plus tôt que prévu

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Jonathan Dulac en février 2012

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Après avoir purgé près du tiers de sa peine de neuf ans de pénitencier pour homicide involontaire, Jonathan Dulac pourra dorénavant vivre en société, travailler et étudier.

Les commissaires Richard Bélisle et Marie-Claude Frenette, de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), ont permis au tueur de Keven Duquet-Ouellette de jouir d'une semi-liberté pour les six prochains mois. Leur décision a été rendue le 26 septembre dernier.

Le jeune homme de 23 ans devra vivre dans une maison de transition située près du lieu de résidence de certains membres de sa famille. La CLCC ne divulgue jamais l'endroit où vivent les délinquants. Au moment du prononcé de sa peine et de son incarcération, en février 2012, Dulac habitait à L'Ancienne-Lorette.

Dulac a assassiné Duquet-Ouellette à l'aide d'un couteau de boucherie au terminus Les Saules, en décembre 2009, à la suite d'une dispute qui avait éclaté dans un autobus entre les deux jeunes hommes, qui ne se connaissaient pas au moment des faits.

Dans le sommaire décisionnel rédigé par les commissaires Bélisle et Frenette, on y apprend que Dulac compte travailler, à sa sortie du pénitencier, dans un dépanneur ou dans le domaine de la restauration. Il espère entreprendre des études universitaires en intervention sportive.

Bon comportement

Essentiellement, les commissaires ont jugé que Dulac ne représentait pas une menace trop grande pour la société. Durant son séjour derrière les barreaux, disent-ils, il a présenté un comportement exemplaire. Depuis la mort de Keven Duquet-Ouellette survenue en décembre 2009 au terminus d'autobus Les Saules, Dulac a pris les mesures pour régler ses problèmes de consommation d'alcool et de cannabis.

Grâce au programme de permissions de sortir avec escorte, Dulac a notamment fréquenté les réunions des Alcooliques anonymes à partir de décembre 2012. La Commission lui a accordé des permissions de sortir sans escorte dès septembre 2013, afin de voir des proches de sa famille.

Afin de régler ses problèmes de santé mentale - traits limites, narcissiques et antisociaux -, Dulac s'est investi dans un suivi psychologique. Durant son incarcération, il a aussi participé au programme national de traitement de la toxicomanie, ainsi qu'aux programmes d'intégration communautaire et de justice réparatrice.

«Vous êtes capable d'introspection et vos propos tenus en audience démontrent la réflexion importante entreprise en vue de bien comprendre votre cycle délictuel et les facteurs sous-jacents qui ont été à la source de votre délit, écrivent les commissaires dans leur décision. Vous avez affirmé en audience que votre problématique de toxicomanie sera toujours présente, mais que vous êtes déterminé à maintenir votre abstinence dans l'avenir comme vous le faites depuis plusieurs années.»

Dans les jours précédant la mort de Keven Duquet-Ouellette, Dulac était tombé dans une spirale de consommation d'alcool et de cannabis, en raison d'une rupture amoureuse. En juillet et septembre 2009, quelques mois avant l'homicide, Dulac avait été hospitalisé après avoir tenu des propos suicidaires et homicidaires. Quelques mois avant l'agression, les parents de Dulac l'avaient mis à la porte, en raison de problèmes de comportement et de consommation, et parce qu'il était sans emploi et qu'il n'étudiait pas.

Dans le cadre de sa semi-liberté, Dulac devra éviter de consommer alcool et drogue, ne pourra fréquenter les bars et il ne pourra pas socialiser avec des gens qui ont des antécédents judiciaires. Il devra s'abstenir de communiquer avec les proches de la victime.

Dans six mois, les commissaires pourront accorder une libération conditionnelle totale à Dulac, si sa réintégration en société se déroule bien.

Jonathan Dulac a assassiné Keven Duquet-Ouellette à l'aide... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Jonathan Dulac a assassiné Keven Duquet-Ouellette à l'aide d'un couteau de boucherie au terminus Les Saules, en décembre 2009. 

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Risque de récidive modéré si...

La Commission des libérations conditionnelles du Canada a décidé de remettre Jonathan Dulac en semi-liberté, même si elle reconnaît qu'il pourrait représenter un risque significatif de récidive, s'il devait recommencer à consommer alcool et drogue.

«L'ensemble des échelles actuarielles et outils reconnus pour évaluer le risque de récidive applicable à votre cas indique un risque modéré-élevé de récidive violente à long terme dans un contexte de reprise de la consommation, de modéré et de faible-modéré si vous vous maintenez dans une meilleure ouverture sociale», écrivent les commissaires Frenette et Bélisle, dans leur décision.

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