Procès Écrevisse: le jury veut réentendre le témoignage du délateur principal

Yves Denis, Serge Pomerleau et Denis Lefebvre, mieux... (Archives La Presse Canadienne)

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Yves Denis, Serge Pomerleau et Denis Lefebvre, mieux connus depuis cet été comme les évadés de la prison d'Orsainville, devront attendre avant d'obtenir un verdict dans leur procès pour trafic de stupéfiants.

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(Québec) Les trois évadés du Centre de détention de Québec sont encore loin d'avoir un verdict dans leur procès pour trafic de stupéfiants. Le jury a demandé dimanche à réentendre tout le témoignage d'un délateur qui s'est livré pendant six jours.

Serge Pomerleau, Denis Lefebvre et Yves Denis, mieux connus depuis cet été comme les évadés de la prison d'Orsainville, sont accusés d'avoir dirigé un vaste réseau de vente de cocaïne en Abitibi.

Après un peu plus d'une journée de délibérations, les six femmes et six hommes du jury chargé de les juger ont posé dimanche après-midi deux questions au juge qui supervise les procédures.

Ils souhaitent réécouter le témoignage du délateur principal du procès Écrevisse, qui s'est fait entendre pendant six jours sous haute surveillance, à la fin juillet et au début août.

Le juge Louis Dionne a rappelé aux jurés qu'ils devaient réécouter le témoignage au complet et non simplement des extraits. Ils devront donc entendre de nouveau l'interrogatoire principal du délateur ainsi que les contre-interrogatoires des trois accusés.

Pour chaque journée de témoignage, il faudra une heure pour la transférer sur un CD audio. Les jurés recevront les enregistrements au fur et à mesure qu'ils seront complétés, a précisé le juge Dionne.

Le jury a aussi demandé d'obtenir un fichier informatique contenant toutes les écoutes électroniques admises en preuve lors du procès, histoire de faciliter leurs recherches lorsqu'ils ont une interrogation. Les avocats devaient leur transmettre dimanche en fin de journée.

À noter que les jurés délibèrent normalement de 9h à 17h, en prenant quelques pauses. Ils peuvent toutefois décider de prolonger leurs travaux en soirée comme bon leur semble.

COTE AUX HELLS

Pendant son témoignage, le délateur - surnommé Mario par les médias - avait éclairci le rôle des trois accusés dans le réseau de vente de cocaïne démantelé il y a maintenant quatre ans.

Serge Pomerleau aurait dirigé le réseau en fournissant la cocaïne à ses revendeurs, dont faisait partie Mario. Lui-même chef d'une cellule du réseau, le délateur avait indiqué que Denis Lefebvre était le «bras droit attitré» de Pomerleau, et qu'Yves Denis travaillait pour Lefebvre.

Mario a aussi avancé que Pomerleau devait verser 10 000 $ aux Hells Angels de Sherbrooke pour chaque kilo de cocaïne qu'il écoulait à Val-d'Or et à Rouyn-Noranda.

Le témoin - qui a écopé d'une peine de 10 ans de prison avant de devenir collaborateur de justice - a aussi abordé l'évasion en hélicoptère de ses anciens complices. Il a affirmé que l'idée était venue à Denis Lefebvre et à Yves Denis dès 2011, quelques mois après leur arrestation en Abitibi. Ce qu'a nié Yves Denis lors de son témoignage fait en l'absence des jurés, mais rendu public depuis leur séquestration.

Les plaidoiries ont donné l'occasion aux avocats de Serge Pomerleau et d'Yves Denis de démolir la crédibilité du délateur. Ils ont insisté sur l'aveu de Mario lors de son témoignage, comme quoi il avait décidé de collaborer avec la police pour «se venger».

Denis Lefebvre, qui se représente seul, a lui aussi fait valoir aux jurés que le délateur était un «témoin qui exagère et minimise sa propre implication et met la faute sur les autres». «Allez-vous baser vos conclusions sur un témoin vengeur?» avait-il exprimé.

Les accusés ont noté le numéro de la Couronne

Deux des trois accusés du procès Écrevisse ont avoué avoir pris en note le numéro de téléphone du procureur de la Couronne qui pilote la cause contre eux. 

Yves Denis et Denis Lefebvre ont gribouillé le numéro du cellulaire professionnel de Me Antoine Piché, samedi, lorsque le juge du procès s'est assuré de pouvoir contacter tous les avocats chaque fois que le jury se manifesterait.

Après avoir répondu aux demandes des jurés, dimanche, le juge Louis Dionne a voulu éclaircir l'«incident» qu'on lui avait rapporté. Yves Denis a dit avoir agi «sans arrière-pensée», en indiquant que son coaccusé Denis Lefebvre avait fait de même. «J'ai pas voulu mal faire», a assuré Denis, en plaidant plutôt que c'était pour l'avoir dans leur cahier de notes pour l'autre procès qui les attend l'an prochain.

Des dispositions auraient déjà été prises pour que le procureur de la Couronne obtienne un nouveau numéro.

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