Procès Écrevisse: cinq faits saillants jamais dévoilés

Arrivée des suspects au procès Écrevisse.... (La Presse Canadienne)

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Arrivée des suspects au procès Écrevisse.

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(Québec) Six mois de procès, près de 100 témoins, quelques délateurs et surtout une mémorable évasion; ce qu'on a baptisé le procès Écrevisse est sur le point de prendre fin. Après avoir écouté attentivement les directives du juge Louis Dionne, les six hommes et six femmes du jury sont maintenant séquestrés et doivent décider du sort de Serge Pomerleau, de Denis Lefebvre et d'Yves Denis, accusé d'avoir dirigé un vaste réseau de vente de cocaïne en Abitibi. Voici quelques faits saillants qui n'ont jamais pu être dévoilés, puisqu'ils n'étaient pas à la connaissance du jury.

En punition

Après leur cavale de deux semaines, qui a plongé les autorités du Centre de détention de Québec dans l'embarras, les trois accusés n'ont évidemment pas été accueillis avec un bouquet de fleurs. Le comité de discipline de la prison les a condamnés à une sanction de sept jours de réclusion (plus communément appelé «le trou») et cinq jours de confinement. Ils ont été placés dans l'aile de sécurité maximale, alors qu'avant, ils étaient dans un secteur de sécurité intermédiaire. Les trois prisonniers étaient fouillés après chaque séance de consultation de preuve. Des registres ont été placés dans les consoles de sécurité et le personnel devait noter tous les mouvements des trois prisonniers, toutes leurs demandes et chaque fois qu'ils consultaient la preuve. Ces règles resserrées brimaient le droit des accusés à préparer leur défense convenablement, ont plaidé Pomerleau, Lefebvre et Denis dans une requête présentée en juillet. Le juge a rejeté cette requête, concluant qu'il n'y avait aucune mauvaise foi de la part des autorités carcérales.

Avortement de procès réclamé

Se disant victimes des médias, qui les ont dépeints durant leur cavale comme des présumés meurtriers liés aux Hells Angels, «extrêmement dangereux» et possiblement armés, les trois évadés ont réclamé l'avortement de leur procès pour trafic de stupéfiants. Le jury, contaminé, n'était plus en mesure de les juger de façon impartiale, alléguaient-ils. Le juge Louis Dionne a refusé leur requête, rappelant que par leur évasion, les accusés ont été les artisans de leur propre malheur. «Toute cette couverture médiatique dont les requérants tentent maintenant de tirer profit résulte de leur conduite et non pas d'un acte délibéré du ministère public, du juge ou d'un fonctionnaire de la cour», a tranché le magistrat.

Bourde sérieuse à la prison

De retour de cavale, Yves Denis a constaté que les données contenues sur un de ses disques durs avaient été effacées par mégarde par un membre du personnel du Centre de détention de Québec. Le procès a souffert de nombreux délais pour régler cette question informatique. Le juge Louis Dionne a qualifié de «bourde sérieuse» la perte des données, mais n'a pas jugé que c'était un motif suffisant pour ordonner l'arrêt des procédures, tel que le réclamait Denis. «Les explications données ne sont pas des plus limpides, et il paraît au Tribunal que le contrôle de l'utilisation des postes de travail informatiques à l'EDQ ainsi que leur identification laissent à désirer», a fait remarquer le juge Dionne dans sa décision.

La tête de Denis «mise à prix»

Comme les mousquetaires, les Écrevisses étaient quatre. Ils auront terminé leur procès à trois et pas dans la plus parfaite harmonie. Le coaccusé Thierry Béland, le seul qui ne s'est pas évadé, a demandé et obtenu un procès séparé. De retour de cavale, le coaccusé Yves Denis a dû être séparé des deux autres à la suite d'informations policières voulant que sa tête ait été mise à prix. Alors que Lefebvre et Pomerleau ont été placés au secteur F1-5 droit, le plus sécuritaire, Denis était dans une autre section, avec un régime tout aussi sécuritaire, selon le Centre. Les trois hommes ont fait leur sortie extérieure dans la cour de façon séparée et individuelle. Lefebvre et Pomerleau avaient le droit de se rendre ensemble consulter la preuve, tandis qu'une salle différente avait été réservée pour Denis. Au palais de justice, Lefebvre et Pomerleau ont continué à partager la même cellule, alors que Denis a eu droit à la sienne.

Les sandwichs des Écrevisses

Le sujet de la nourriture au Centre de détention de Québec est revenu fréquemment lors du procès, tant avant qu'après l'évasion. Serge Pomerleau, qui a longtemps été surnommé «le gros» en raison de sa corpulence, dit avoir particulièrement souffert de la faim. «Je ne mange plus!» s'était-il exclamé en juillet. «Les gardiens ont pensé que j'étais mort. J'ai perdu 25 livres en un mois.» Les accusés se sont surtout plaints d'avoir mangé seulement des sandwichs - ou presque - durant tout le procès parce qu'en raison des longues heures à la cour, ils arrivaient après le repas chaud à la prison.

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