Évasion à la prison de Québec: le plus jeune fugitif prend le blâme

Le soir décisif du 7 juin, Yves Denis... (Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil)

Agrandir

Le soir décisif du 7 juin, Yves Denis a raconté qu'il marchait seul dans la cour du centre de détention quand l'hélicoptère s'est approché pour se poser.

Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Le plus jeune membre du trio d'évadés du Centre de détention de Québec a profité d'une fuite en hélicoptère clés en main d'un «chum» du Venezuela le soir du 7 juin. Yves Denis était le cerveau du plan et ses coaccusés, Denis Lefebvre et Serge Pomerleau, ont décidé d'embarquer avant que l'évasion ne vienne à exécution.

Yves Denis, 35 ans... (Photo fournie par la Sûreté du Québec) - image 1.0

Agrandir

Yves Denis, 35 ans

Photo fournie par la Sûreté du Québec

C'est du moins ce qu'a prétendu Yves Denis, à la fin juillet, pendant le procès pour trafic de stupéfiants qu'il subit conjointement avec Denis Lefebvre et Serge Pomerleau.

La version des faits d'Yves Denis va plus loin que celle donnée au jury par Serge Pomerleau en août, mais elle a été livrée en absence des jurés. Il nous est possible de la rendre publique maintenant que les 12 jurés sont séquestrés pour délibérer sur les accusations de trafic de stupéfiants du trio.

Debout devant le juge Louis Dionne, entouré par sept constables spéciaux qui l'ont à l'oeil, Yves Denis ne cache pas son trac de témoigner pour la première fois. Lefebvre et Pomerleau l'écoutent attentivement dans le box vitré des accusés, se glissant quelques mots à l'oreille de temps à autre.

L'évasion aurait germé dans l'esprit d'Yves Denis, 35 ans, lorsque Lefebvre, Pomerleau et lui ont commencé à sortir ensemble dans la grande cour du Centre de détention de Québec, a-t-il expliqué.

«C'est moi qui en a parlé», a-t-il insisté auprès du procureur de la Couronne, Me Antoine Piché, avant d'admettre qu'il avait informé Lefebvre «deux ou trois semaines» après y avoir réfléchi.

«J'ai rien planifié avec Lefebvre. Au début, je voulais pas que M. Pomerleau vienne. Il [Lefebvre] m'a dit : "Je vais lui en parler. S'il veut venir, il viendra."»

Yves Denis réfute l'information selon laquelle le plan d'évasion a été échafaudé dès 2011. Il rappelle qu'à l'époque, Lefebvre et lui n'avaient «aucun contact» dans la prison de Québec. «C'est dans ma tête que ça s'est passé», répète-t-il à Me Piché.

L'évasion par hélicoptère aurait été confiée au printemps à un Vénézuélien qu'Yves Denis a connu au fil de ses «nombreux voyages en Amérique du Sud». Un ancien «pilote d'hélicoptère de l'armée» qui vient d'une «très grosse famille au Venezuela», a laissé savoir Denis. Un certain Ramirez.

Yves Denis dit avoir communiqué avec lui à l'aide d'une carte d'appel et lui avoir demandé à quelques reprises de l'aider à s'évader. «Je lui ai demandé s'il était capable de venir nous chercher», glisse-t-il. Le procureur de la Couronne lui fait alors remarquer qu'il dit «nous». «Me chercher», corrige Denis.

L'ami vénézuélien a fini par accepter. «Je me suis occupé de rien, c'est lui qui s'est occupé de toute», souligne Yves Denis. «Il a pris l'avion et il est descendu icitte.»

Plus tard, au cours du même contre-interrogatoire, Yves Denis dira que le pilote de l'hélicoptère n'était finalement pas son «chum». Car le pilote «parlait juste espagnol», et son ami Ramirez a des «connaissances en français».

Le soir décisif du 7 juin, Yves Denis a raconté qu'il marchait seul dans la cour du centre de détention quand l'hélicoptère s'est approché pour se poser. Pomerleau et Lefebvre étaient assis sur le banc, a-t-il précisé. «D'après moi, ils croyaient pas à ça. Dans le feu de l'action, je les ai pas trop remarqués. Ils devaient s'être approchés», a-t-il déduit, lorsque interrogé sur les agissements de Pomerleau et de Lefebvre.

Sur le fait que Denis Lefebvre est pilote d'hélicoptère, Yves Denis a sa réponse toute prête : «C'est pour ça qu'on avait décidé qu'il s'assoirait en avant.» «S'il arrive de quoi, je vais pouvoir prendre les commandes», aurait dit Lefebvre à Denis.

«Ç'A RIEN COÛTÉ»

Yves Denis affirme ne pas avoir payé son ami vénézuélien pour l'aider à s'évader. «J'ai rien payé. Ç'a rien coûté.»

Pourtant, le complice semble avoir pensé à tout, selon ce que fait croire Denis. Il a prévu une voiture avec chauffeur dans la forêt pour que les trois fugitifs se rendent dans un chalet, fait l'épicerie pour qu'ils y restent quelques jours, puis a envoyé une camionnette pour qu'ils se réfugient dans un condo du Vieux-Montréal.

Une fois au condo, les trois hommes constatent qu'ils ont «beaucoup» de nourriture pour y rester longtemps. «De la bonne nourriture», précise Yves Denis.

Qu'avait-il prévu pour remercier son «ami» du Venezuela ayant tout orchestré l'évasion? «Lui dire merci», a simplement répondu Denis.

Les trois coaccusés ont été arrêtés deux semaines après leur évasion dans un condo de luxe du Vieux-Montréal. Leur procès se conclut ces jours-ci, après six mois de procédures au palais de justice de Québec.

«Je me suis évadé, j'aurais aimé ça pas revenir, c'est sûr. Mais là, je suis là, ma défense, je l'ai toujours trouvée très bonne», affirmait Yves Denis en juillet.

Le trentenaire avait prévu se rendre au Brésil après son évasion du Centre de détention de Québec, et Denis Lefebvre «voulait venir» avec lui. Il hésitait à s'y rendre en avion privé ou en bateau. Mais le temps l'aura coupé dans son élan.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer