JP Auclair: le dernier film d'un aventurier

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JP Auclair

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(Québec) On en sait maintenant un peu plus sur les circonstances qui ont mené au décès du skieur JP Auclair survenu lundi au mont San Lorenzo, au Chili. Au moment de mettre sous presse, tard mercredi soir, les corps des disparus n'avaient toujours pas été récupérés.

JP Auclair et Andreas Fransson s'apprêtaient à dévaler les pentes d'un couloir situé au sommet du mont San Lorenzo lorsqu'une avalanche meurtrière les a emportés, lundi. Les deux cinéastes devant enregistrer leurs exploits ont tout vu, mais n'ont rien pu faire.

Les informations viennent de Trey Cook, éditeur en chef d'Epic Tv, une station Internet spécialisée dans les sports extrêmes. Ce dernier s'est entretenu avec Stefan Palm, guide de montagne émérite, qui a été l'un des premiers avertis du triste accident qui venait de se produire en Patagonie, dans le sud du Chili. Palm lui a raconté en détail ce qui s'est produit.

Selon le récit de Trey Cook publié sur les médias sociaux, les Suédois Bjarne Salén et Daniel Rönnbäck étaient fin prêts à capter des images uniques des deux skieurs extrêmes.

Auclair, 37 ans, et Fransson, 31 ans, étaient quant à eux au tiers de leur ascension du mont San Lorenzo (3706 mètres), situé sur la frontière entre le Chili et l'Argentine, dans les Andes patagoniennes. C'est à ce moment qu'une avalanche de glace et de roches les a percutés, les transportant 700 mètres plus bas.

Témoins du drame, «[les caméramans] ont essayé de contacter JP et Andreas sur leurs radios. Mais ils n'ont eu aucune réponse», poursuit Cook.

Près de quatre heures de marche en terrain escarpé séparaient Salén et Rönnbäck de leurs amis skieurs. Ils ont donc demandé de l'aide en Europe par téléphone satellite. On leur aurait alors conseillé de rester à leur position et d'attendre que des secours viennent les chercher.

Les secours d'Europe, des guides de montagne connus des cinéastes - dont Stefan Palm -, ont usé de leurs contacts au Chili et ont pu avertir, entre autres, le grimpeur chilien Armando Montero. Ce dernier se trouvait au mont San Lorenzo et a rejoint Salén et Rönnbäck à leur camp de base, lundi soir.

Toujours selon Cook, un hélicoptère a récupéré les trois hommes mardi matin et a survolé l'endroit où JP Auclair et Andreas Fransson ont été vus pour la dernière fois. En survolant «à assez basse altitude», le pilote et Montero «ont conclu que les deux skieurs étaient morts et qu'ils avaient probablement perdu la vie sur le coup». Leurs identités ont pu être confirmées par leurs vêtements. «Une tentative de sauvetage a alors été annulée.»

Cette trame des événements «est la plus proche de la réalité», selon Félix Rioux, un ami de JP Auclair. En contact avec la famille, le producteur de films de ski a obtenu des informations similaires au courant de la journée de mercredi et a pris connaissance du texte de Trey Cook.

Selon M. Rioux, la famille de JP Auclair a pu parler, «directement ou par personne interposée», avec Bjarne Salén et Daniel Rönnbäck, mercredi. Les deux hommes leur ont raconté comment le drame s'était produit, a expliqué M. Rioux. «La famille a accepté les faits», a-t-il dit.

Selon lui, à la lumière des nouvelles informations qui ont filtré mercredi, il n'y avait plus aucun doute dans son esprit qu'on ne reverrait plus JP Auclair en vie. «Je suis attristé de dire qu'il n'y a plus de chance de survie pour nos regrettés amis», a-t-il exprimé. Une avalanche de roches et de glace, «ça ne pardonne pas».

Les deux victimes étaient arrivées dans le secteur par le Chili. Mais comme les corps des deux hommes ont été aperçus sur le territoire de l'Argentine, ce sont les Argentins qui doivent se rendre jusqu'à eux pour les extirper de leur position.

Vers 21h, mercredi soir, Le Soleil a pu s'entretenir avec Monique Robin, la belle-mère de la conjointe de JP Auclair. «Aux dernières nouvelles, les équipes au sol n'avaient toujours pas atteint le site où devraient se trouver les corps, a expliqué Mme Robin. C'est un secteur très difficile d'accès, ce qui complique les recherches. Bien sûr, on ne connaît pas l'état du terrain quand les sauveteurs arriveront sur place. Vont-ils être capables de rejoindre les corps sans mettre leur vie en danger? Il y a encore beaucoup d'inconnu pour Ingrid, la famille de JP et tous leurs proches.»

Mme Robin a ajouté que sa belle-fille était bien sûr atterrée de la disparition de son conjoint. «JP était tellement une bonne personne. C'est pas surprenant qu'il y ait autant de gens autour de la famille de JP et d'Ingrid pour les appuyer dans cette terrible épreuve. Vous savez, JP et Ingrid formaient le plus beau couple que j'ai rencontré dans ma vie. Leur union était solide, basée sur l'amour et le respect. Les deux avaient développé une superbe complicité. Ils s'aimaient profondément.»  

Mentor de Kim Lamarre

Jointe au téléphone en soirée, mercredi, la médaillée de bronze en slopestyle aux derniers Jeux olympiques, Kim Lamarre, n'avait que de bons mots à dire sur celui qu'elle a toujours considéré comme son mentor. «Tout au long de ma carrière, JP m'a incitée à travailler sur la qualité et non la quantité, rappelle la skieuse acrobatique. C'était un gars qui avait tellement de fun à faire ce qu'il faisait. Quand tu regardais ses films, tu voyais qu'il avait eu du plaisir à les concevoir.» 

Trois décès en un jour

JP Auclair et Andreas Fransson ne sont pas les seuls à avoir perdu la vie en Patagonie lundi. Liz Daley, planchiste, guide de montagne et animatrice pour Epic TV, a été emportée par une autre avalanche, le même jour, cette fois dans la région de El Chaltén, en Argentine. Son décès a été confirmé par Epic TV et de nombreux médias.  

Un endroit qui «demande beaucoup de précautions»

L'alpiniste François-Guy Thivierge s'est déjà rendu près du mont San Lorenzo, dans cette région très reculée qu'est la Patagonie. «Il y a de grosses montagnes, des glaciers, des neiges éternelles. [...] C'est une des plus belles places pour faire du ski en altitude», a-t-il expliqué au Soleil. Mais ce genre d'endroit présente généralement «des conditions d'avalanche». «Ça demande beaucoup de précautions.» Les proches de JP Auclair ont tous dit qu'il possédait une grande expérience en montagne, qu'il avait suivi des formations. Mais on ne peut pas tout prévoir, concède M. Thivierge, qui a lui-même perdu un ami dans une avalanche, en 1986. Il souligne par ailleurs qu'actuellement, «c'est le printemps» en Patagonie. Les températures plus chaudes le jour auraient donc pu contribuer à ce qu'un pan de la montagne se détache.

Avec la collaboration de Matthieu Boivin

JP Auclair meurt dans une avalanche

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