Journal mensuel mis à l'amende: la FPJQ lance un appel à l'aide

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Le journal Les immigrants de la Capitale songe à en appeler d'une décision de la Cour supérieure, l'obligeant à verser 7000 $ à un couple pour avoir publié une photo d'une femme en niqab et de son mari.

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(Québec) La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) souhaite que des groupes de presse aident financièrement le journal Les immigrants de la Capitale. Le mensuel songe à en appeler d'une décision de la Cour supérieure, l'obligeant à verser 7000 $ à un couple pour avoir publié une photo d'une femme en niqab et de son mari.

La photo en cause accompagnait un reportage du journaliste et éditeur Mihai Claudiu Cristea sur la réaction des gens à la vue d'une femme portant le voile intégral au marché aux puces de Sainte-Foy. 

Le couple en question, Ahlem Hammedi et Saber Briki, a ensuite poursuivi le journal pour 150 000 $. Il a affirmé avoir éprouvé un «énorme déplaisir... de l'humiliation, une atteinte à la pudeur et de la honte». Le tribunal a finalement accordé à chacun 3500 $ en dommages moraux pour «atteinte à leur vie privée».

Le président de la FPJQ, Pierre Craig, aimerait pouvoir aider financièrement le journal, advenant qu'il en appelle du jugement. Cependant, les finances de l'organisme ne le permettent pas.

Il espère que des groupes de presse viendront au secours de M. Cristea puisque la cause touche les fondements de la pratique journalistique. Mihai Claudiu Cristea se représentait seul lors des audiences. Il recueille d'ailleurs toujours des dons pour le supporter dans ce qu'il qualifie de «poursuite judiciaire abusive». Le Soleil a tenté, en vain, de joindre M. Cristea, mardi.

La FPJQ remet en question le jugement parce qu'elle y voit une atteinte à la liberté de presse. Dans ce cas-ci, elle estime que le droit du public à l'information devrait primer le droit à la vie privée.

«Pourquoi cette photo, prise dans un espace public à la suite du débat public sur les accommodements raisonnables [...] et aux balbutiements d'un débat qui deviendrait celui de la Charte des valeurs, n'a pas été jugée d'intérêt public. Si un marché aux puces n'est pas un espace public, qu'est-ce qu'un espace public? Si le port du voile intégral en public n'est pas d'intérêt public, qu'est-ce qui est d'intérêt public?»

La Fédération interroge aussi l'argument du juge Marc Paradis selon lequel le reportage pouvait être diffusé sans photo. «Cette affirmation cause un précédent dangereux pour la liberté de presse. Est-ce à un magistrat de décider ou non si la publication d'une photo est nécessaire pour accompagner un article? La réponse est non», conclut la FPJQ.

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