Cycliste tué par la police à Québec: la tension pourrait grimper

Plusieurs cyclistes se sont rendus sur le parvis... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Plusieurs cyclistes se sont rendus sur le parvis de l'église Saint-Roch, jeudi, afin de se recueillir en mémoire de Guy Blouin, décédé des suites d'un accident dont les circonstances demeurent nébuleuses.

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(Québec) La mort de Guy Blouin, heurté par une autopatrouille dans des circonstances qui demeurent nébuleuses, ne peut que faire grimper la tension entre les policiers et les résidents du quartier.

C'est du moins l'avis de la Ligue des droits et libertés (LDL), section Québec. «Sur le parvis, il y a beaucoup de patrouilles. Il y a un certain profilage social», observe Françoise Laforce, qui travaille auprès des personnes judiciarisées. «C'est sûr que ce qui s'est produit mercredi n'aidera pas à améliorer les relations.»

Même sans les résultats de l'enquête de la Sûreté du Québec, le verdict populaire a été rendu.

Les gens considèrent que les policiers ont commis des fautes graves en voulant intercepter M. Blouin pour une raison toujours inconnue. Certains soupçonnent que c'est parce qu'il circulait à l'envers à vélo dans la rue Saint-François.

L'accident catalyse les frustrations accumulées. «On parle de contrôle abusif de l'identité, c'est que les policiers demandent les cartes sans aucun motif. Les gens sont tannés de ça.»

«Avant l'incident, il y avait déjà des tensions, rappelle la dame. Avec la revitalisation de Saint-Roch, ces personnes-là ne correspondent pas aux nouveaux critères» de l'image que les commerçants veulent donner au quartier.

«Il y a des gens qui devaient ouvrir leur gourde pour prouver aux policiers qu'elle ne contenait pas d'alcool. Souvent, l'autopatrouille monte sur le parvis pour parler aux gens. C'est un contrôle envahissant», donne-t-elle pour exemple.

Mme Laforce déplore aussi le fait que la «marge discrétionnaire du policier est trop souvent utilisée pour sévir contre certaines personnes», sans raison valable. «Récemment, une personne marginalisée a reçu une contravention pour avoir traversé la rue au coin de la Couronne et Saint-Joseph sans le feu piéton. Le problème, c'est qu'il était 1h du matin. Je ne suis pas sûr qu'il y a beaucoup de circulation à cette heure.»

Les contraventions pour flânage posent aussi un problème. «Elles sont remises à des gens qui ont une petite chambre ou sont sans-abri. C'est sûr qu'ils passent la journée dehors.»

Enquête indépendante réclamée

La LDL réclame une véritable enquête indépendante pour faire la lumière sur l'accident. Le coordonnateur de l'organisme, Sébastien Harvey, se dit interpellé par le triste événement.

«On réitère la nécessité de mener des enquêtes transparentes et véritablement. En attendant la mise sur pied du Bureau des enquêtes indépendantes prévue par le précédent gouvernement, nous demandons qu'un mécanisme provisoire de surveillance des enquêtes de la police par la police soit mis en place.»

Il rappelle le rapport Perreault sur le cas Villanueva dans lequel le coroner a clairement identifié que les lacunes du mécanisme d'enquête de la police par la police ont constitué des obstacles à sa recherche de la vérité. L'ombudsman de l'Ontario a pour sa part évoqué le fait que la présence de policiers dans les enquêtes sur la police créait un climat de complaisance.

****

Condoléances du maire Labeaume

Le maire Régis Labeaume «offre toutes ses condoléances» à la famille de Guy Blouin. Même s'il souhaite rester discret, puisqu'une enquête est en cours, le maire de Québec a témoigné de sa sympathie aux proches de la victime par la voix de son attaché de presse, Paul-Christian Nolin.

«Le maire ne commentera pas, mais il offre toutes ses condoléances à la famille de M. Blouin», a dit M. Nolin en fin de journée jeudi. «On fait confiance à la Sûreté du Québec pour l'enquête et on continue de suivre la situation de près», a-t-il ajouté à propos des mesures prises pour éclaircir les circonstances de l'accident.

Stéphanie Martin et Valérie Gaudreau

Indignation sur le parvis

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