Cycliste écrasé par la police dans Saint-Roch

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Les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont analysé la scène du drame, mercredi dans le quartier Saint-Roch.

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(Québec) Un cycliste luttait toujours pour sa vie, mercredi soir, après avoir été heurté en après-midi par une autopatrouille de la police de Québec, près de l'église Saint-Roch en basse ville. Le récit de témoins laisse croire que d'importantes erreurs pourraient avoir été commises lors de l'intervention.

Il était 13h et des poussières lorsque l'impact s'est produit. «J'ai entendu le vrombissement du moteur. C'est ça qui a attiré mon attention.» Pierre-Alexandre s'est retourné à temps pour assister à la scène qui s'est jouée à l'angle des rues Saint-François Est et du Parvis. Il s'est dit déconcerté de voir l'autopatrouille rouler si rapidement à reculons dans l'étroite rue.

«Je ne comprends pas ce que le policier voulait faire. On dirait qu'il voulait le "bumper" un peu pour le faire tomber. Je ne sais pas. Il allait vraiment vite», poursuit-il. Un autre témoin va jusqu'à dire que le conducteur aurait donné un coup de volant pour percuter le cycliste.

Une habituée du parvis, reconnu comme le lieu de rassemblement des résidents du quartier, a entendu crisser les pneus. «C'était malade. On dirait qu'il voulait vraiment le frapper», laisse-t-elle échapper à son tour.

Nombreux témoins

L'après-midi s'annonçait chaud, mercredi. La place était bondée. Les policiers ont dû subir les foudres des nombreux témoins, dont plusieurs marginaux qui, déjà, ne considèrent pas la police en haute estime.

Les raisons pour lesquelles le conducteur de l'autopatrouille a reculé si rapidement demeurent floues. Certains avancent que la victime se trouvait quelques minutes plus tôt assise ou allongée sur un banc de parc. L'homme, d'une cinquantaine d'années, aurait refusé de s'identifier auprès d'un policier et serait parti à vélo. C'est à ce moment que le policier au volant de l'autopatrouille aurait reculé pour intercepter l'individu.

Outré par l'intervention

Une autre version soutient que le policier a reculé pour intercepter le cycliste qui roulait à sens inverse sur la rue Saint-François. «Peu importe ce que le gars avait fait, ça ne justifie pas ce qui s'est passé», lance un homme, visiblement choqué par les événements.

Celui-ci se dit tout aussi outré du fait que les policiers se sont précipités pour arrêter l'homme en le maintenant au sol plutôt que de vérifier s'il avait été blessé. La victime se serait retrouvée sous le véhicule, rapportent des témoins. L'un d'eux a vu du sang sortir de sa bouche.

État critique

Les policiers auraient ensuite soulevé l'individu pour l'amener plus loin. À l'arrivée de l'ambulance, il était conscient. Il présentait des blessures au thorax et aux membres supérieurs. Toutefois, son état s'est détérioré lors de son transport vers l'hôpital de l'Enfant-Jésus. Il a perdu connaissance dans l'ambulance et a été dirigé vers le service de réanimation à son arrivée au centre hospitalier. Mercredi soir, on craignait toujours pour sa vie.

Une question touche au fait que les policiers ont saisi le vélo dès les premiers instants qui ont suivi l'accident. Habituellement, il faut éviter de déplacer les objets et les véhicules impliqués dans un accident. Il est alors plus facile d'en reconstituer la scène si nécessaire, comme c'était le cas, mercredi.

Une enquête indépendante déclenchée

Le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec est mandaté par le ministère de la Sécurité publique pour déterminer ce qui a pu se produire. «Cet après-midi [mercredi], il y a le volet technique qui est assuré par les reconstitutionnistes», explique la sergente Ann Mathieu. «Par exemple, ils doivent faire une analyse de la scène et des dommages causés au véhicule et au vélo.» Leur état ne reflétait pas la gravité de l'accident, a constaté Le Soleil. Comme le fil des événements est encore imprécis, les enquêteurs ont aussi la tâche de recueillir les témoignages et de vérifier s'ils concordent entre eux et avec les résultats du volet technique de l'enquête. «Les personnes peuvent être placées d'une façon différente, selon différents angles et ainsi ne pas avoir la même perception des événements.» Bien évidemment, les policiers impliqués seront eux aussi interrogés pour donner leur version des faits. En fin d'après-midi, la police tentait toujours d'identifier la victime qui n'avait aucune carte d'identité sur elle. 

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