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Les réseaux sociaux comme outils d'enquête policière

L'exemple de l'attentat du marathon de Boston, où... (Photothèque Le Soleil)

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L'exemple de l'attentat du marathon de Boston, où les policiers avaient utilisé Twitter pour indiquer la capture de Dzhokhar Tsarnaev, a inspiré le Service de police de la Ville de Québec.

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(Québec) La police de Québec fait le saut dans l'ère de la communication Web. Vidéos sur YouTube, messages sur Twitter, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) veut intégrer les réseaux sociaux pour tenter de faire avancer ses enquêtes et communiquer directement avec la population.

Pour la première fois de son histoire, la police a mis en ligne dimanche sur YouTube une vidéo pour relancer une enquête de nature criminelle. Le 30 novembre 2010, Sylvie Bergeron, 49 ans, est agressée à l'arme blanche. Elle est retrouvée sans vie dans son appartement de la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch.

«C'était un souhait de l'enquêteur au dossier d'évaluer d'autres moyens de publiciser des images d'un témoin important dans une affaire pour laquelle on n'a pas d'information nouvelle», explique François Moisan, directeur des communications au service de police.

La vidéo de plus d'une minute relate les faits et montre les images du témoin recherché, captées par des caméras de surveillance. Une policière assure la narration. «C'est une pratique qui se fait ailleurs, poursuit M. Moisan. Avec le développement des nouvelles technologies, ça ne demande plus les ressources que ça demandait avant.»

Plusieurs corps policiers américains et canadiens possèdent déjà leur propre compte YouTube ou Twitter ou les deux. Au Québec, encore peu de services utilisent les médias sociaux. Montréal et Gatineau possèdent leur compte Twitter.

Pour l'instant, cette première vidéo est diffusée sur le compte YouTube de la Ville de Québec. Éventuellement, la police aimerait ouvrir un compte au nom de son service. «C'est des choses qu'on étudie. Pour avoir un canal [un compte], il faut avoir du contenu à mettre. Ça se prépare. D'autre matériel que celui lié aux enquêtes pourrait y être diffusé. Par exemple, des vidéos pour les policiers-écoles», suggère le directeur.

L'exemple de Boston

«CAPTURED!!! The hunt is over. The search is done. The terror is over. And justice has won. Suspect in custody.» Le 19 avril 2013, 20h58, la police de Boston annonçait sur son fil Twitter l'arrestation de Dzhokhar Tsarnaev, le second suspect de l'attentat survenu à l'arrivée du célèbre marathon de la capitale du Massachusetts. «Le suspect est capturé, la terreur est terminée, la justice a gagné», gazouillait-elle en substance.

L'intérêt de diffuser la nouvelle rapidement à grande échelle résidait dans le fait que le suspect était en cavale, et présumément armé, depuis cinq jours. Un état de confinement avait été décrété pour tous les habitants de la grande région de Boston.

«L'exemple de Boston est intéressant. On est en train de voir si c'est possible d'utiliser un compte Twitter pour la police de Québec. À court terme, ça pourrait se faire. On se dirige vers ça», confirme M. Moisan.

Évidemment, un événement de l'ampleur de celui de Boston survient rarement. Outre une situation d'exception, Twitter peut être utilisé à d'autres sauces. «Imaginez un accident de la route qui oblige la fermeture d'une artère importante. On pourrait envoyer un tweet : "Accident, tel endroit, trois blessés, route fermée"», illustre-t-il.

Les grands événements

Aussi, plusieurs grands événements artistiques et sportifs se déroulent dans la capitale. Des informations pourraient être relayées aux festivaliers et aux participants à leur arrivée et à leur départ d'un site.

«Je sortais de la Coupe Vanier, et tout était jammé. Qu'est-ce qui nous empêcherait d'envoyer un tweet pour dire aux gens de prendre leur temps avant de quitter les lieux parce qu'il y a de la congestion routière?» demande le directeur.

Les médias sociaux sont sans frontières. Dans le cas des enquêtes criminelles, plus l'information sera diffusée à grande échelle, plus les policiers sont susceptibles de dénicher une personne qui détient un renseignement critique. Dans cette perspective, le service de police envisage aussi de traduire certaines demandes d'aide au public. Une version anglaise de la vidéo sur le meurtre de Sylvie Bergeron sera bientôt disponible.

Et Facebook? Bien que certains services policiers ont ouvert leur propre page, le problème est que ça demande une vérification des commentaires affichés, évoque François Moisan. Une gestion quotidienne jugée un peu «lourde». Pour cette raison, la police de Québec n'envisage pas de s'inscrire à ce réseau social, conclut-il.

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