La répression policière fera l'objet d'une première manifestation à Québec

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Sébastien Harvey, coordonnateur de la section locale de la Ligue des droits et libertés à Québec

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) La section locale de la Ligue des droits et libertés de Québec organise une manifestation le 22 octobre pour dénoncer le phénomène de la répression policière dont seraient victimes les itinérants, personnes marginales et atteintes de problèmes de santé mentale.

C'est la première fois qu'une telle manifestation se déroulera dans la capitale, explique un des organisateurs, Sébastien Harvey, le coordonnateur de la section locale de la Ligue des droits et libertés à Québec. La répression policière serait à la hausse dans le quartier Saint-Roch, explique M. Harvey.

«Les différents intervenants sur le terrain nous disent que le phénomène est en expansion, affirme

M. Harvey. Nous n'avons pas de données statistiques pour corroborer cette affirmation, mais le bruit qui provient du terrain nous incite à croire que la répression policière est bel et bien en hausse.»

Quand M. Harvey parle de répression policière, il fait notamment référence à la remise répétitive de constats d'infraction aux personnes itinérantes, notamment pour du flânage en vertu des règlements municipaux. Certains policiers tiendraient des propos «peu respectueux et méprisants» à l'endroit des personnes marginales quand ils interviennent auprès d'elles.

«Les policiers utilisent le règlement pour flânage de façon beaucoup trop large, et des itinérants se retrouvent aujourd'hui avec des milliers de dollars d'amendes qu'ils ne pourront jamais payer. Dans le cadre de nos actions, nous demandons à la Ville de Québec d'éliminer ces règlements municipaux qui nuisent aux stratégies de survie des personnes marginalisées.»

Parmi ces règlements municipaux, M. Harvey cible aussi celui qui interdit à toute personne de se construire un abri de fortune. Le coordonnateur estime que ce règlement n'a pas sa place, quand on sait que les refuges pour itinérants doivent parfois refuser des gens en raison d'un manque de place.

M. Harvey rappelle qu'une étude de l'Université d'Ottawa dévoilée en novembre 2011 a démontré que l'acharnement des policiers envers les personnes marginales était en forte hausse à Québec entre les années 2000 et 2010. Certains itinérants ont accumulé plus de 10 000 $ de contraventions; un d'entre eux a atteint le plateau des 50 000 $.

«Je sais très bien que les policiers n'ont pas tous les outils pour intervenir auprès des itinérants, qui sont souvent aux prises avec des problèmes de santé mentale. Ils ont besoin de davantage d'outils pour faire leur travail, c'est clair.»

M. Harvey a confirmé qu'il fournira le trajet de la manifestation aux policiers. Celle-ci doit débuter dans le quartier Saint-Roch pour se terminer devant l'hôtel de ville de Québec.

Stratégie adaptée

En entrevue avec Le Soleil, le directeur des relations publiques de la police de Québec, François Moisan, affirme que les policiers adaptent leurs interventions auprès des personnes marginales en tenant compte de la situation à laquelle ils sont confrontés sur le terrain.

«Nous pouvons demander l'intervention des organismes communautaires afin de nous aider dans certaines situations. Et les contraventions peuvent aussi être utilisées par nos policiers. Ça fait partie des moyens d'intervention. La réponse est adaptée à la situation.»

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