La Ville de Québec poursuivra le FM93 à la suite d'un reportage

Paul-Christian Nolin, a vivement réagi lundi à la... (Photothèque Le Soleil)

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Paul-Christian Nolin, a vivement réagi lundi à la publication d'un reportage du journaliste du FM93, Mathieu Boivin. Le porte-parole du maire nie par ailleurs catégoriquement toute intervention de M. Labeaume pour faire baisser l'évaluation foncière du Château Frontenac.

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Stéphanie Martin, François Bourque
Le Soleil

(Québec) La Ville de Québec entamera des procédures judiciaires contre le FM93 et un de ses journalistes à la suite d'un reportage qui laissait entendre que le maire Régis Labeaume serait intervenu pour faire baisser l'évaluation municipale du Château Frontenac.

L'attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, a vivement réagi lundi à la publication d'un reportage du journaliste Mathieu Boivin diffusé sur le Web et à la radio au cours de la journée.

«Selon les confidences d'un ex-évaluateur municipal, M. Labeaume aurait trouvé trop élevée son évaluation de 118 millions $ du célèbre hôtel, en 2008, et lui aurait demandé de la baisser», pouvait-on lire sur le site Internet de la station. Le reportage était aussi appuyé par des interventions des conseillers municipaux Jean Guilbault et Patrick Paquet.

«Accusations graves»

M. Nolin s'est dit «estomaqué» que de telles affirmations aient été lancées. «Des accusations graves et gratuites», dit-il, qui «entachent la réputation de la Ville et du service d'évaluation, surtout, mais aussi du maire». Par conséquent, il a confirmé que la Ville poursuivra M. Boivin et la station FM93. Les détails vont suivre dans les prochains jours.

Le porte-parole du maire nie par ailleurs catégoriquement toute intervention de M. Labeaume en faveur du Château Frontenac. Il explique, documents à l'appui, que le prestigieux hôtel a effectivement contesté son évaluation foncière, qui avait été établie par un évaluateur de la Ville, Adrien Garneau, à 118 millions $ pour les années 2007, 2008 et 2009. Cette contestation s'est faite en avril 2007. En octobre 2007, M. Garneau a maintenu le montant de l'évaluation. À cette époque, M. Labeaume n'était pas encore maire de Québec.

La cause s'est transportée devant le Tribunal administratif du Québec qui, en novembre 2009, a rendu un jugement ramenant l'évaluation foncière du Château Frontenac à 110 millions $. Entre-temps, Adrien Garneau avait pris sa retraite.

«Jamais, au grand jamais»

Pierre Bourque, aujourd'hui retraité, a succédé à M. Garneau et était responsable de l'évaluation des hôtels de Québec au moment où celle du Château Frontenac a été revue à la baisse en 2008. M. Bourque confie ne pas être un grand partisan du maire Labeaume, mais il est catégorique : «Jamais, jamais, au grand jamais il n'y a eu de pression politique là-dedans». Ni dans le dossier du Château Frontenac, ni dans aucun autre, insiste-t-il.

«Je n'ai jamais senti ça de ma carrière et jamais vu ça.» C'était pareil sous les anciennes administrations.

Adrien Garneau n'a jamais entendu parler non plus que le maire soit intervenu dans l'évaluation du Château.

Il croit cependant que l'évaluation du Château était un «dossier très délicat».

M. Garneau croit toujours que ce n'était «pas surévalué» et était prêt à aller au tribunal pour faire valoir «ses preuves».

Les délais de cour ont fait en sorte qu'il est parti avant.

Après son départ, la Ville a fini par s'entendre à l'amiable avec le Château. «J'ai trouvé ça un peu bête», commente M. Garneau, déçu que la Ville ait accepté une baisse.

Lors d'une rencontre fortuite un peu plus tard, le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, lui a expliqué que c'était «un bon règlement pour la Ville; que le Château était un bon citoyen corporatif et qu'une baisse de 10 M$, c'était pas si pire. Ce fut une décision.»

M. Garneau se demande quels ont été les critères de la Ville. «Moi, je serais allé en cour», dit-il, expliquant qu'il avait une «moyenne au bâton assez élevée».

L'évaluateur pense qu'il «peut y avoir eu des pressions ou des suggestions» invitant le contentieux à y «aller mollo», mais convient qu'il «y avait un risque à aller en cour».

Pierre Bourque rappelle que ce genre d'entente «ne se décide pas dans un bureau fermé avec l'évaluateur un vendredi après-midi».

Il faut l'approbation d'un supérieur et du directeur de service. Le contentieux et les finances de la Ville sont aussi associés au processus de décision.

La Ville a-t-elle été trop généreuse envers le Château Frontenac en acceptant de réduire la valeur de 118 millions $ à 110 millions $?

Ça devient une «question d'opinion», croit M. Bourque.

Il n'est pas facile d'évaluer un immeuble pour lequel il n'y a pas de comparable. Il faut tenir compte de la rentabilité et d'autres «indicateurs de marché».

C'est technique et compliqué. Pas pour rien que le dossier ait «traîné en longueur», analyse-t-il.

«Les gens peuvent bien parler du Château Frontenac mais ils n'ont pas vu les chiffres d'affaires. On a beau être l'hôtel le plus photographié au monde, ça n'amène pas d'argent.»




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