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La procureure de l'UPAC pour Québec s'attelle déjà à la tâche

Avant sa récente promotion, Me Fortin travaillait depuis... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Avant sa récente promotion, Me Fortin travaillait depuis 2007 au Bureau des affaires pénales, où elle a notamment déposé entre 400 et 500 avis d'infraction pour des gestes commis dans le domaine de la construction.

Le Soleil, Erick Labbé

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) «Ça fait un mois que je suis ici et j'ai déjà des dossiers à étudier.»

La nouvelle procureure du Bureau de la lutte à la corruption et à la malversation (BLCM) pour la région de Québec et de l'Est de la province, Cathy Fortin, ne devrait pas chômer. En poste depuis quelques semaines, elle s'est déjà penchée sur des rapports d'investigation soumis par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) pour des gestes commis «dans la région de Québec et ses environs».

Fin janvier, on apprenait que l'UPAC pourrait bientôt miser sur une équipe de 10 enquêteurs pour la capitale et l'Est de la province. Il était donc logique d'ajouter pour ce territoire un procureur de la Couronne appelé à décider s'il est opportun ou non de déposer des accusations criminelles contre des suspects potentiels.

En entrevue au Soleil, Mme Fortin souligne qu'elle ne sera pas seule à prendre les décisions. Elle travaillera toujours en collaboration avec sa quinzaine de collègues avocats du BLCM de Montréal. La preuve est lourde à analyser et il faut passer au travers de plusieurs caisses de documents afin de se faire une idée claire sur les éléments regroupés par les policiers.

«Ce sont des dossiers d'ampleur, explique l'avocate de 37 ans. À Montréal, ils sont entre deux et quatre procureurs sur les dossiers. Au niveau de la preuve, ce sont des dossiers assez complexes, alors, on est toujours en équipe.»

Mais il n'en demeure pas moins que c'est son nom qui apparaîtra au bas des dénonciations quand des accusations seront déposées pour son territoire. Elle pourrait ainsi devenir un des visages de la lutte contre la corruption dans la région de Québec et pour l'Est de la province.

«Je veux essayer de changer les choses», affirme la procureure.

Avant sa récente promotion, Me Fortin travaillait depuis 2007 au Bureau des affaires pénales, où elle a notamment déposé entre 400 et 500 avis d'infraction pour des gestes commis dans le domaine de la construction. On peut notamment parler de falsifications de déclarations pour obtenir des attestations de la Régie du bâtiment ou de la Commission de la construction, d'intimidation sur les chantiers, ou de grèves illégales, comme on en avait vu en octobre 2011, en marge des discussions sur le projet de loi 33 portant sur l'élimination du placement syndical.

L'avocate croit que son expérience dans le domaine de la construction devrait lui être utile dans ses nouvelles fonctions.

«Rambo»

Devant les tribunaux, Me Fortin s'est notamment frottée aux représentants syndicaux bien connus sur la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier et Michel Bezeau, pour des allégations d'intimidation.

En mars 2012, Gauthier avait été acquitté d'avoir incité «sur un ton autoritaire» un employeur à embaucher davantage de travailleurs affiliés à la FTQ-Construction. Un mois plus tard, un juge avait également blanchi Bezeau, lui aussi de la FTQ-Construction, dans une autre affaire d'intimidation.

«Quand on parle d'intimidation, ce sont des gens qui doivent faire un témoignage et c'est pas toujours facile pour les témoins de verbaliser complètement tout ce qu'ils ont ressenti, a expliqué Mme Fortin, en parlant de ces deux acquittements. Le juge doit juger avec ce qu'il a comme preuve.»

Autant Bezeau que Gauthier ont plaidé coupables à des avis d'infraction déposés contre eux par Me Fortin. En janvier dernier, le premier a reconnu sa culpabilité à une infraction de grève illégale et a dû payer une amende de plus de 7099 $, plus les frais.

Pression

Rambo a pour sa part reconnu son implication dans deux grèves illégales pour lesquelles il a plaidé coupable en juin et octobre 2012. Il a déboursé une amende totale de 16 000 $.

Me Fortin sait que les citoyens en attendent beaucoup des enquêtes de l'UPAC et qu'ils veulent voir des résultats rapidement. Elle accepte la pression qui vient avec son nouveau poste et estime qu'elle sera en mesure de bien la gérer.

La femme croit par ailleurs que c'est une bonne chose que les citoyens manifestent leur impatience. À l'avenir, s'ils sont témoins de gestes de corruption, ils auront davantage tendance à les dénoncer à la police.

«Les gens vont peut-être être plus vigilants et ils vont porter plainte, ce qui n'aurait pas été le cas avant, explique-t-elle. Moi, je pense que ç'a du bon.»

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