Sa fille de 15 ans trouvée morte au Centre Jeunesse: les questions d'un père en deuil

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Rébecca Lévesque

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) «Ç'a pas été facile. Les jambes m'ont manqué trois fois. J'ai pleuré de A à Z», confie Martin Lévesque, la voix tremblante, en parlant des funérailles de sa fille de 15 ans, Rébecca, célébrées la veille. C'est elle qui a été trouvée morte dans sa chambre au Centre Jeunesse Chaudière-Appalaches, le matin du 13 février. Dans la salle à manger de sa résidence de Lévis, à côté des bouquets de fleurs et des photos de l'adolescente souriante, le père de famille se questionne.

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Martin Lévesque se recueille devant la photo de sa fille Rébecca, décédée le 13 février.

Le Soleil, Patrice Laroche

«Je suis un parent qui cherche à comprendre, et à savoir aussi.» D'abord, il se demande de quoi sa fille est décédée, quand le premier rapport d'autopsie confirme qu'il ne s'agit ni d'une mort violente, ni d'un suicide, ni d'un problème cardiovasculaire.

L'autre question qu'il se pose, c'est pourquoi les responsables du centre n'ont pas pris davantage de précautions compte tenu de son état de santé. Quelques jours avant son décès, elle se plaignait de maux de ventre. «Elle a demandé d'aller à l'hôpital, elle ne se sentait pas bien. C'est dans la nuit de mardi à mercredi», relate M. Lévesque. Inquiet et incapable de dormir, il rappelle au Centre jeunesse pendant la nuit. «Est-ce qu'elle est revenue? Oui? Est-ce qu'elle va mieux? «Il faut rappeler demain matin», lui a-t-on répondu.

Rébecca se portait mieux, les jours suivants. Mais samedi, les maux de ventre ressurgissent. «Elle s'est levée, elle a mangé une toast, et elle a dit aux autres : "Je vais retourner me coucher, je feel pas".» Il lui était permis de sortir cet après-midi-là. «Sa mère venait la chercher pour une sortie, et Rébecca, ses sorties, elle y tient», insiste son père. Comme elle ne se sentait vraiment pas bien, elle aurait demandé à sa mère de retourner au centre avant l'heure prévue. Un signe que son état était vraiment sérieux, selon M. Lévesque, qui était le seul tuteur légal de Rébecca.

En soirée, la grand-mère de Rébecca s'inquiète à son tour. Elle lui aurait parlé au téléphone, vers 21h30. «Grand-maman je feel vraiment pas, j'ai mal au ventre, je fais de la température», lui aurait-elle dit, relate son père. Elle incite la jeune fille à en parler aux intervenants du centre. Ces derniers lui auraient donné deux Tylenol et lui auraient demandé de retourner se coucher. Le lendemain, à 8h30, la grand-mère rappelle. «Instinctivement on répond : "Rébecca est couchée et elle dort. Et elle a été malade"», cite M. Lévesque.

Le corps inanimé de Rébecca Lévesque a été trouvé dans sa chambre vers 10h30, à la levée du couvre-feu. «À 10h45, le téléphone sonne ici : "Bonjour monsieur c'est le Centre jeunesse à Lauzon. Présentez-vous à l'Hôtel-Dieu de Lévis, c'est urgent, votre fille n'avait plus de signes vitaux ce matin.»

À l'hôpital, la famille se rend dans un local. Le médecin entre. «Rébecca est décédée.» On sent que M. Lévesque se retient pour ne pas éclater en sanglots. «Moi, je suis tombé par terre.»

En appelant sa mère, c'est le deuxième choc pour lui. «J'ai appelé le matin à 8h30! Ils m'ont dit qu'elle dormait! Gang de menteurs! Elle était peut-être vivante!», s'écrie la grand-mère de Rébecca au téléphone avec son fils.

«On travaille très bien»

Le Soleil a pu s'entretenir brièvement avec l'intervenante qui était de garde au Centre Jeunesse, dimancher soir. «Si vous recevez l'appel d'un parent inquiet à n'importe quelle heure, vous demandant d'aller vérifier l'état de santé de son enfant, allez vous vérifier?» a demandé Le Soleil. «On travaille très bien. On est tous des professionnels et on s'assure de la sécurité de nos enfants», a répondu la dame au bout du fil, avant de mentionner poliment qu'elle allait raccrocher.

Martin Lévesque n'a pas caché avoir haussé le ton à plusieurs reprises lors de discussions avec les intervenants du Centre jeunesse, et ce, durant les mois précédant la mort de sa fille. Il fait actuellement face à des accusations de menaces de mort et de harcèlement.

M. Lévesque a expliqué au Soleil qu'en 2010, sa fille avait fait pas moins de 13 fugues. Son comportement la «mettait en danger», selon lui, ce qui fait que son inquiétude grandissait d'une fugue à l'autre. Il était par ailleurs insatisfait de la façon dont le Centre s'y prenait pour encadrer sa fille et pour éviter qu'elle ne fugue de nouveau.

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