Canoë doit verser 107 000 $ à Susan Corriveau

Critiquée sévèrement sur la façon dont elle a... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Critiquée sévèrement sur la façon dont elle a mené le contre-interrogatoire d'une enfant victime de contacts sexuels, Me Susan Corriveau a été la cible de plusieurs internautes qui ont commenté la nouvelle sur le site Canoë.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Frédéric Denoncourt
Le Soleil

(Québec) La Cour supérieure condamne Canoë à verser 107 000 $ à l'avocate de Québec Susan Corriveau pour des propos diffamatoires tenus à son endroit par des internautes sur le blogue de Richard Martineau, Franc-parler, en avril 2007.

À noter que Richard Martineau n'est aucunement visé par la condamnation, même s'il avait été mis en cause par la poursuite à l'origine. Une entente conclue entre les défendeurs a en effet établi que seul Canoë pouvait être tenu responsable des propos apparaissant sur le blogue de M. Martineau.

L'histoire remonte à 2007 alors que Susan Corriveau défend un homme accusé de contacts sexuels sur une enfant de huit ans.

Dans son jugement du 10 avril 2007, le juge de la Cour du Québec critique sévèrement Me Corriveau sur la façon dont elle a mené le contre-interrogatoire de l'enfant.

Des commentaires du juge et des extraits du jugement reçoivent dans les jours suivants une couverture médiatique importante.

Le 12 avril, Richard Martineau publie sur son blogue un commentaire sous forme de questions.

Il écrit : «Les avocats manquent-ils de sens moral?» et «A-t-on tendance à traiter les victimes d'agressions sexuelles comme si elles étaient coupables?» Par la suite, des internautes réagissent à ces questions en émettant des commentaires très critiques que les propriétaires du portail Canoë ont par la suite admis être diffamatoires à l'égard de l'avocate Susan Corriveau.

Ce n'est cependant qu'en octobre 2007 que cette dernière prend connaissance de ces commentaires tenus à son endroit et qu'elle met en demeure Canoë de les retirer.

Alléguant avoir été «profondément atteinte dans sa dignité, son honneur et sa réputation», elle dépose une poursuite globale de 207 000 $. Canoë admet sa responsabilité et reconnaît que des propos diffamatoires n'auraient pas dû se trouver sur le blogue de M. Martineau, mais soutient que Me Corriveau n'a pas démontré que sa crédibilité a vraiment été affectée.

Toutefois, la juge Danielle Blondin est d'avis que certaines des allégations faites par les internautes «sont d'une extrême gravité». Ces propos, écrit la juge, ont attaqué «directement l'honnêteté et l'intégrité de la demanderesse». La magistrate souligne aussi que les propos diffamatoires contre Me Corriveau sont restés en ligne durant six mois, ce qui constitue une longue période.

La juge regrette «la négligence grossière de Canoë de vérifier et de supprimer de son site les messages à teneur diffamatoire».

Canoë devra donc verser à Susan Corriveau 50 000 $ en dommages compensatoires, 50 000 $ en dommages punitifs en plus de rembourser à celle-ci ses frais d'avocat de 7000 $.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer