Robinson gagne sa cause contre Cinar

Claude Robinson.... (Photo: François Roy, La Presse)

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Claude Robinson.

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Jean-Benoit Legault
La Presse Canadienne
Montréal

La Cour supérieure a condamné, mercredi, un groupe d'intimés à verser 5,224 millions $ à l'auteur Claude Robinson, pour le plagiat de son oeuvre Les Aventures de Robinson Curiosité.

M. Robinson avait intenté sa poursuite il y a 14 ans. Il réclamait un dédommagement et une condamnation pour la violation de son droit d'auteur.

«Ces gens-là sont des bandits à cravate, a lancé M. Robinson. Ils ont menti, ils ont trafiqué des documents, ils ont fait toutes sortes de choses. Ça a été 14 ans à détricoter les tricots qu'ils faisaient de mensonges. Ça a été phénoménal. Moi, tout ce que j'avais à faire, c'était de dire la vérité.»

Les intimés reconnus coupables dans cette affaire sont la firme Cinar et ses fondateurs, Micheline Charest, maintenant décédée, et Ronald Weinberg; France Animation et son président-directeur général, Christian Davin; Ravensburger Film TV; RTV Family Entertainment; et Christophe Izard, le producteur exécutif de la série «Robinson Sucroë», qui plagiait l'oeuvre de M. Robinson, chez France Animation.

«Le Tribunal conclut que les personnages de 'Curiosité' ont été repris substantiellement dans Sucroë de même que certains dessins du demandeur», écrit le juge Claude Auclair dans sa décision de 240 pages.

M. Robinson signalait avoir présenté une oeuvre aux défendeurs en 1986 et 1987 pour ensuite constater d'étonnantes similitudes avec Robinson Sucroë, une oeuvre diffusée plus tard par Cinar.

Une conduite «immorale et souvent illégale»

Le juge Auclair n'est pas tendre à l'endroit des défendeurs, notamment à l'endroit de CINAR. Il qualifie la conduite de cette entreprise d'«immorale et souvent illégale», affirmant qu'elle n'éprouve aucun scrupule à frauder les autorités. Ciblant ensuite plus spécifiquement M. Davin de France Animation et Mme Charest de Cinar, il leur reproche d'avoir adopté «une conduite répréhensible lorsqu'ils nient connaître le demandeur dans une déclaration à la GRC».

«Cinar, Weinberg et Charest agissent d'une façon déloyale à l'égard du demandeur, ajoute le juge Auclair. (Leur) comportement témoigne du mépris total dont ils ont fait preuve à l'égard du demandeur depuis le début de leurs relations.»

Le juge Auclair accorde à M. Robinson un montant de 2,3 millions $ en réparation des dommages en vertu de la Loi sur le droit d'auteur; 400 000 $ pour le préjudice psychologique subi; et plus de 1,5 million $ en frais d'avocat.

«L'argent, ils en ont fait plus que ce qu'ils vont me donner, inquiétez-vous pas», a lancé M. Robinson.

Le juge Auclair accorde aussi une somme de 1 million $ en dommages exemplaires à M. Robinson, estimant qu'il «faut envoyer un message clair aux contrefacteurs que la cupidité sera punie». Qualifiant la conduite des défendeurs d'«outrageante, préméditée et délibérée», il ajoute que «les créateurs sont protégés, ces derniers étant souvent démunis (...) pour faire face à une guérilla judiciaire».

Ténacité saluée

Il souligne d'ailleurs la ténacité de M. Robinson au fil des ans, estimant que cela «milite en faveur de l'octroi de dommages exemplaires au demandeur».

«Ce qui me fait le plus plaisir dans tout ça, c'est qu'en bout de ligne, ça ne nuira pas aux créateurs, s'est réjoui M. Robinson. Ma grande crainte de ce dossier-là, c'était d'avoir un jugement à la fin qui fasse que les créateurs soient amoindris dans leur protection; ça, ça me terrorisait honnêtement.»

Les défendeurs et leurs avocats n'ont pas encore commenté le texte du jugement, mais on s'attend à ce qu'ils portent la décision en appel.

Pour sa part, M. Robinson dit avoir renoué avec le processus créatif, complétant trois toiles au cours des deux dernières semaines.

«Je me suis réconcilié avec mes petits pinceaux, a-t-il dit en riant. Là, ce que ça me dit ce jugement-là, c'est que je peux aller m'acheter des beaux pinceaux, des belles toiles. (Mais) la production télévisuelle, oubliez-moi là-dedans. C'est un milieu auquel je ne veux même plus toucher.»

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