Contamination au TCE à Shannon: Ottawa maintient la ligne dure

Marie-Paule Spieser, le Dr Claude Juneau, Chantal Mallette... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Marie-Paule Spieser, le Dr Claude Juneau, Chantal Mallette et Jean Bernier regardaient attentivement le reportage diffusé à l'émission Enquête, à Radio-Canada, hier soir.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le gouvernement fédéral maintient la ligne dure dans le litige l'opposant aux citoyens de Shannon qui prétendent que la contamination de leur eau au TCE les rend malades. La cour tranchera.

Jointe par Le Soleil, l'avocate responsable du dossier au ministère fédéral de la Justice a répété que l'État n'a toujours fait «aucune admission». Il appartient à la poursuite de «prouver ses allégations», insiste Me Anne-Marie Desgens.

La défense déposera sa preuve au tribunal au cours des prochaines semaines «pour que le dossier soit complet pour commencer le procès à l'automne 2009», ajoute la juriste. Pas question de discuter d'une possible entente à l'amiable pour l'instant, donc.

On sait toutefois qu'un montant considérable est en jeu : «Le litige est maintenant porté à 760 millions $.»

Présente au cours de l'entretien, la porte-parole de Justice Canada au Québec, Francine Robichaud, affiche également une certaine fermeté : «Nous allons nous opposer aux allégations et faire état de notre preuve devant la cour.»

«Ce n'est pas possible qu'on se rende jusqu'au tribunal», se dé­sole l'infirmière Marie-Paule Spieser, qui porte le recours collectif pour ses concitoyens. «(...) On est ouvert à toutes les propositions raisonnables.»

Rappelons que du trichloroéthylène (TCE) a été utilisé durant des décennies par la Défense nationale et ses sous-traitants à Valcartier. Le produit était ensuite dispersé dans l'environnement. Le TCE a finalement contaminé la nappe phréatique où s'abreuvait la région. L'exposition à ce dégraissant industriel est réputée causer le cancer chez les animaux et, fort probablement, chez l'humain.

Hier, l'émission Enquête, diffusée à Radio-Canada, nous apprenait que l'armée et le ministère canadien de l'Environnement avaient été avisés du problème en 1978.

En novembre, Le Soleil révélait que des tests génétiques effectués par un chercheur de l'INRS et une société de Pittsburgh étayaient la thèse des cancers causés par la contamination au TCE. Les experts embauchés par la poursuite déposeront aujourd'hui leur rapport final. Déjà, dans la version préliminaire que nous avions consultée, ces experts soutenaient que certaines mutations des gènes, des «marqueurs», témoignent des attaques du TCE sur l'organisme malade.

Mais, déjà, le noeud de la preuve est remis en question. Selon Pierre Ayotte, toxicologue à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les tests présentés n'ont pas de valeur scientifique. «Rien ne prouve que ces marqueurs génétiques sont spécifiques à une exposition au TCE. À mon avis, un tel test, ça n'existe pas.»

Le maire Kiley attend toujours le chèque de 13,3 M $ du fédéral

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper veut créer des emplois pour stimuler l'économie. «Super!» lance le maire de Shannon, toujours en attente d'un chèque de 13,3 millions $ du fédéral pour livrer de l'eau exempte de TCE à ses citoyens.

«La patience, c'est un élastique, et, là, je pense qu'il est étiré pas mal à la fin», attaque le maire Clive Kiley, au bout du fil. Ses citoyens, insiste-t-il, ont droit de boire une eau libre de contamination.

La municipalité voisine de la garnison de Valcartier, au nord de la capitale, avait accepté 19 millions $ en 2004. Cela devait lui permettre de trouver de l'eau saine loin du nuage pollué au TCE voguant dans la nappe phréatique. Le TCE, ou trichloroéthylène, est un dégraissant cancérogène qui a percolé dans la source d'eau potable de la région depuis les terrains des militaires et de leurs sous-traitants.

Il y a un an, Clive Kiley, apprenait au Soleil que ces millions de dollars ont été engloutis dans la boue forestière. La recherche d'un lieu d'approvisionnement fiable s'est révélée beaucoup plus ardue qu'évalué. «On a été vraiment malchanceux.»

Le hic, c'est que la municipalité avait signé un engagement de ne plus jamais réclamer de fonds à l'armée et au gouvernement fédéral à la signature de l'entente de 2004. Mais, selon l'évaluation la plus fraîche, il faudra dénicher 13,3 millions $ de plus pour compléter les travaux et entretenir le réseau. «Le plus longtemps on attend, le plus dispendieux ça devient.»

«On a nos puits qui sont à cinq kilomètres dans le bois... On est en négociation avec Ottawa pour avoir de l'argent.» Une récente rencontre avec la ministre responsable de la région de Québec, Josée Verner, alimente une lueur d'espoir, dit-il.

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