Si ces temps-ci, la balance penche du côté du chercheur d'emploi, la relation entre l'employeur et l'employé n'est pas à sens unique : une entreprise ne se contentera pas bien longtemps d'une personne qui ne vient que récolter un salaire.
«Ce qui séduit les entreprises, ce sont les gens qui ont le goût de s'investir», explique Nathalie Bordeleau, conseillère senior en ressources humaines chez Adecco Québec. «Elles veulent des personnes qui désirent contribuer à leur succès, qui veulent apporter quelque chose à l'entreprise, et qui ne sont pas là que pour leur salaire.»
«Au-delà des compétences techniques, l'employé idéal partage les valeurs et la philosophie de l'entreprise. Il n'y a pas que le savoir-faire. Il y a aussi le savoir-être et le savoir-devenir, c'est-à- dire le potentiel d'évolution au sein de l'entreprise», indique la directrice d'Adecco Québec, Isabel Claveau.
Malheureusement pour l'employeur, ces deux dernières qualités sont plus difficiles à discerner lors de l'entrevue d'embauche. «Ce sont des facettes de l'employé qui se voient d'abord dans l'action, sur le lieu de travail», convient Mme Claveau.
Encore la flexibilité
À l'instar du travailleur qui souhaite que son employeur fasse preuve de flexibilité pour l'accommoder, l'entreprise s'attend aussi à une certaine flexibilité de la part de son employé, souligne Marcel Bérubé, président de Groupe Perspective. «Les entreprises doivent composer avec un mélange de travailleurs issus de différentes générations. Des boomers, des X, des Y. Les entreprises cherchent à atteindre un équilibre afin d'assurer la relève, sans pour autant perdre la culture propre à l'entreprise et son histoire.»
Ce mélange de générations, de valeurs et d'objectifs nécessite évidemment de l'adresse de la part de l'employeur pour tout gérer, mais aussi de la part des employés les uns envers les autres.
«Les Y vont travailler. Bien, mais modérément, note M. Bérubé. Les semaines de 50 à 60 heures, c'est fini. Le travailleur de la génération Y va s'investir si on lui offre des défis. Le boomer, lui, il a passé sa carrière comme ça, à faire ce qui devait être fait, même si ça prend 50 heures dans la semaine. Pour que les deux se côtoient et travaillent bien ensemble, ça prend de la flexibilité de part et d'autre.»