C'est notamment le cas à l'Auberge de la Pointe, un établissement saisonnier de 117 chambres. Ses propriétaires, Marc-Antoine Côté, son père Jean, de même que Charles Labrecque, ont ensemble investi 1,5 million $ en trois ans pour bonifier et peaufiner l'offre en tourisme d'affaires.
L'Auberge de la Pointe a pris le virage du tourisme d'affaires en l'an 2000. Depuis, ce créneau représente 25 % de sa clientèle et il n'y a plus de période morte.
Même constat au Centre des congrès de l'Hôtel Universel, qui compte 170 chambres. Son propriétaire, Gilles Lortie, a aussi beaucoup investi ces dernières années, notamment pour refaire son centre des congrès, pour plus de 1 million $.
Récemment, avec deux autres actionnaires, M. Lortie a décidé d'acheter l'Hôtel Levesque, un fleuron de l'hôtellerie québécoise, aux prises avec des difficultés financières qui ont forcé sa mise en faillite. La bâtisse aurait pu devenir une résidence pour personnes âgées.
«Je n'aimais pas vraiment cette possibilité. D'autre part, nous avons un parc de 1200 chambres à Rivière-du-Loup, mais plusieurs motels ferment à l'automne. Perdre les 82 chambres de l'Hôtel Levesque aurait été désastreux pour la tenue de nos événements et congrès.» D'importants travaux y sont en cours : la salle à manger est refaite de fond en comble et la salle de congrès, qui peut accueillir 250?personnes, est aussi réaménagée. «À l'automne 2011, nous prévoyons investir 3,5 millions $ pour faire un lifting complet à l'édifice», poursuit l'homme d'affaires.
Parce que l'industrie du tourisme d'affaires est florissante à Rivière-du-Loup. Bon an mal an, une trentaine de congrès ont lieu. Chacun génère plus de 15 000 $ en retombées. «C'est sans compter les dizaines de réunions diverses qui se tiennent continuellement. Cet achalandage supplémentaire permet d'investir et d'améliorer nos infrastructures. Depuis deux ans, plus de 10 millions $ ont été investis dans nos centres de congrès», explique le directeur de Tourisme Rivière-du-Loup, Pierre Bélanger.
Plusieurs facteurs expliquent ce succès, dont le Club des Ambassadeurs, fondé il y a plus de 20 ans. «Cet organisme est d'une extrême importance. Je dirais que 80 % de nos congrès sont présentés grâce au club», note M. Bélanger. Le Club des Ambassadeurs permet à tous ceux qui le désirent et font partie d'une organisation quelconque, de recevoir de l'aide du milieu pour convaincre son organisme, sa compagnie, de tenir son congrès à Rivière-du-Loup. Un gala annuel souligne les efforts de ces nouveaux ambassadeurs, qui sont ainsi intronisés au sein du club.
Un facteur déterminant qui attire les congressistes est sans contredit la position enviable de Rivière-du-Loup, en bordure du fleuve. «La mode est aux centres de villégiatures. Chez nous, après leurs rencontres, les congressistes peuvent relaxer autour d'un feu de camp dans la cour arrière avec vue sur le fleuve, ou partir en balade en vélo, aller en excursion aux baleines ou aux îles. Les gens veulent un mélange entre affaire et plaisir et c'est ce qu'ils trouvent dans notre région», note Marc-Antoine Côté qui ajoute que le succès du tourisme d'affaires à Rivière-du-Loup est aussi attribuable à la solidarité régionale.