«Nous avons 22 000 pieds carrés de salle de congrès et de réunion. C'est quand même une bonne moyenne dans l'industrie. On peut accueillir jusqu'à 1000 personnes en réunion et 800?convives pour un souper dans la même salle, ça aussi, c'est un atout», nous confie Isabelle Mathieu du Fairmont Le Manoir Richelieu.
En moyenne, la clientèle de congrès et de groupe représente 30 % des nuitées, soit quelque 200?groupes différents annuellement, représentant entre 22?000 et 26?000 nuitées. L'établissement, qui compte 405?chambres, en fait 80 000 par année, pour un taux d'occupation moyen de 55?%. Alors oui, le marché des congrès est important pour l'institution.»
«La compétition est féroce, mais je me mets dans la tête d'un organisateur de congrès, il n'y a jamais trop de choix», est d'avis Mme Mathieu. Elle admet que le mont Sainte-Anne fait partie des concurrents, mais les luttes sont davantage avec des coins comme Tremblant et Montebello.
Des atouts à proximité
Charlevoix n'hésite jamais à se servir de ses cartes gagnantes. «Le Casino, c'est un élément important dans la décision parce que c'est un divertissement de soirée de qualité et recherché, mais ce n'est pas le seul. Il y a l'observation des baleines à proximité et la richesse du terroir charlevoisien en matière de gastronomie», ajoute celle qui remplaçait le directeur général Jean-Jacques Etcheberrigaray, en vacances lors de notre passage.
Mais au-delà des grands atouts de Charlevoix et son décor époustouflant, il y a les petits détails comme «l'authenticité, le stationnement gratuit, l'Internet sans fil, la présence du personnel, le bilinguisme et la créativité de l'hôtel», cite Mme Mathieu.
En revanche, les congrès ne viennent pas seuls. Attendre que le téléphone sonne n'est guère une bonne stratégie. Le Manoir dispose de quatre délégués commerciaux sur le terrain, en mode prospection. Au Manoir, ils sont huit affectés à la vente et une soixantaine pour servir les clientèles de congrès et de banquets.
Pour l'heure, 90 % des clients du Manoir, en congrès ou en groupe, sont Québécois. L'une des difficultés majeures en région, ce n'est pas de contenter le client sur place, mais de contrer la lacune d'une longue distance à parcourir en voiture. «Ce qui pourrait faire une différence, ce sont les transports comme l'aéroport pour s'ouvrir sur d'autres marchés», mentionne Mme Mathieu. «On voit d'un très bon oeil la mise sur rail du train touristique du Groupe Le Massif.» L'hôtel, le Casino et la ville de La Malbaie ne cachent pas plancher sur une manière intermodale d'amener des groupes dans le secteur, incluant par la voie maritime qu'est le Saint-Laurent..
Fairmont Le Manoir Richelieu ne reniera jamais sa famille. «Le nom Fairmont est un gage de succès, reconnu pour son prestige et son histoire. À ce chapitre, le Château Frontenac est un allié, il fait partie de la famille», dit-elle. L'ajout de deux ou trois jours avant ou après un congrès, chez le voisin, à Québec ou à La Malbaie, devient un argument de vente.
En conclusion, c'est le Barreau du Québec, un client habituel, qui remporte la palme avec ses 1026?nuitées et ses 600 personnes sur trois jours d'événement en juin dernier.