«Le travail de l'architecte est d'imaginer des solutions globales pour son client», explique le professeur à l'École d'architecture de l'Université Laval. «Il trouve la solution la plus appropriée au site, aux besoins des personnes et, évidemment, à leur budget.»
Ce dernier paramètre est d'ailleurs ce qui en freine beaucoup de faire appel aux services d'un architecte. «C'est un mythe que les architectes, c'est seulement pour l'élite. Si vous n'avez pas le budget pour vous offrir une Ferrari, on ne vous en proposera pas une! Par contre, si vous avez un budget de 30 000$ pour des rénovations et que vous faites appel à un architecte, vous pouvez être certain qu'il optimisera votre investissement», insiste M. White.
L'esthétique d'abord
Un autre préjugé dont souffre la profession est qu'on ne s'y intéresse qu'à l'esthétique. «L'esthétique, le style, ça vient avec, note M. White. Le souci est de trouver l'adéquation parfaite entre les besoins et les ressources, d'aller à l'essentiel: la qualité de l'espace, la qualité de la lumière et le rapport avec l'environnement. Mais tant qu'à faire du bon, on s'arrange pour que ce soit beau aussi!»
Jacques White ajoute que le recours à l'architecte est tout aussi important à l'échelle d'un quartier entier. «Ici, ou bien on est chez soi, ou bien on est dans un endroit public. Il n'y a rien entre les deux. Il n'y a pas d'intégration des espaces privés et des espaces collectifs, ce qui donne des résultats comme au nord du boulevard Robert-Bourassa.»
«On ne peut pas demander aux promoteurs d'aménager la ville, ils ne sont pas là pour ça. Présentement, l'aménagement est fait par des gens qui n'ont pas cette formation. Il faut impliquer des professionnels dans la planification des ensembles, il faut repenser les typologies et nos manières de vivre ensemble.»
L'architecte entrevoit cependant une lueur d'espoir avec la naissance des écoquartiers où «l'on y repense la ville au complet», et dans des évènements comme le colloque sur l'audace en architecture, tenu l'automne dernier à Québec. «Juste le fait d'asseoir dans une même salle les architectes, les entrepreneurs, les promoteurs et les politiciens est un pas de géant. C'est un premier pas vers un décloisonnement essentiel du secteur.»