L'industrie de l'assurance manque de main-d'oeuvre

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Le plus grand défi est d'attirer les étudiants dans le domaine des assurances et des services financiers.

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ZONE Affaires présente de manière ponctuelle quelques grands dossiers sur la réalité économique de la région métropolitaine de Québec. À partir d'un secteur choisi, des entrevues avec des acteurs qui y travaillent, qui le développent et qui le font évoluer. »

Jean Pascal Lavoie, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) La croissance et le dynamisme de l'industrie de l'assurance au cours des dernières années ont largement contribué à la performance économique de la région de Québec. Que ce soit chez les assureurs ou bien dans les sociétés de courtage, le corollaire de cette envolée est un besoin de main-d'oeuvre de plus en plus criant, et les entreprises comme les institutions d'enseignement doivent s'ajuster.

Chez PMT Roy, à Saint-Romuald, en seulement quelques années, le chiffre d'affaires a fait un bond de 35 à 105 millions $, et les places d'affaires ont essaimé dans l'Est-du-Québec. «Le besoin de main-d'oeuvre compétente est évident, explique le président, Martin Roy. En plus de la croissance du secteur, le domaine s'est beaucoup professionnalisé et réglementé, et les emplois exigent de plus en plus de formation. Ça restreint le bassin de travailleurs potentiels.»

Heureusement, la région de Québec est bien pourvue en institutions d'enseignement. Le Cégep de Lévis-Lauzon, le Cégep de Sainte-Foy, et le Collège O'Sullivan offrent tous trois des formations de niveau collégial en assurances et en services financiers. Du côté universitaire, l'Université Laval possède une école d'actuariat unique en son genre, et toutes les disciplines de la faculté des sciences de l'administration sont susceptibles d'intéresser les employeurs.

Cependant, la demande de main-d'oeuvre surpasse largement l'offre. «Ce n'est pas compliqué, nous n'avons pas assez de finissants pour les besoins de l'industrie», note Johanne Giguère, responsable du programme en Conseil en assurances et en services financiers au Cégep de Sainte-Foy. «Seulement cette année, nous avons eu 24 offres de stage de plus que d'étudiants au DEC [diplôme d'études collégiales].»

C'est la même chose de l'autre côté du fleuve, au Cégep de Lévis-Lauzon. «Nous avons démarré une nouvelle cohorte pour l'attestation d'études collégiales [AEC] en assurance dommages en mai», indique Lynda Higgins, la coordonnatrice du DEC en Conseil en assurances et en services financiers et de l'AEC en assurance dommages. «C'est la première année que nous lançons trois cohortes.»

Martin Roy acquiesce. «Il y a 10 ans, nous nous rendions dans les cégeps passer des candidats en entrevue. Aujourd'hui, c'est nous qui passons en entrevue!»

Mauvaise réputation?

Le plus grand défi est d'attirer les étudiants dans le domaine. «Parfois, j'ai l'impression que l'assurance a mauvaise réputation, et je ne sais pas vraiment pourquoi, dit Martin Roy. Le domaine ne reçoit pas tout le bénéfice qu'il devrait, parce que ce sont de très belles professions, bien rémunérées. Nous proposons plusieurs carrières très intéressantes. Mais nous devons d'abord vendre le domaine aux étudiants.»

Cette «vente» s'effectue d'ailleurs avant l'inscription, mais aussi pendant la formation. Alternance travail études, stages rémunérés, journées de l'emploi, speed dating, les contacts entre les étudiants et l'industrie sont nombreux tout au long du parcours.

Au Collège O'Sullivan, où l'on offre une formation en assurance de dommages concentrée en huit mois, les professeurs sont soit encore actifs dans le domaine, soit directement issus des compagnies d'assurances de la région. «Ça aide à faire le lien facilement entre la formation et la pratique», souligne Jacky Boucher, le responsable du programme.

La pénurie de main-d'oeuvre n'est pas l'apanage des assureurs de la région de Québec. Les centres d'affaires en région éprouvent eux aussi de la difficulté à pourvoir leurs postes. Les initiatives de formation à distance, comme celle qu'offre le Collège O'Sullivan, peinent à fournir suffisamment de recrues aux entreprises.

«C'est un véritable casse-tête, concède Martin Roy, de PMT Roy. On cherche constamment de nouveaux moyens de dénicher de bons jeunes prospects en région. Notre milieu est dynamique, et offre de belles possibilités d'avancement pour les jeunes. Ce sont des carrières qui durent. Il s'agit de réussir à parler aux bons candidats.»

 

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