L'assurance fait bouger la grande région de Québec

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Louis Tanguay
Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) L'assurance fait bouger l'économie de Québec à un rythme accéléré. Ce moteur est presque quatre fois plus puissant que l'ensemble de l'économie régionale, à tout le moins au chapitre de la création d'emplois.

C'est ce que démontre sur une période de 10 ans une analyse statistique fournie par PÔLE Québec Chaudière-Appalaches.

Comparativement à la progression de 22,5 % chez l'ensemble des employeurs de la région, les assureurs ont augmenté leur effectif de 82,4 % entre 1999 et 2009.

Même pendant que le ralentissement de l'économie faisait stagner la création de nouveaux postes, ils continuaient de croître à raison de 2,5 % dans l'assurance.

Pas étonnant donc qu'on dise que la force des 11 sièges sociaux d'assureurs établis à Québec et à Lévis a fortement contribué à mettre la région à l'abri de la dernière récession.

En 1999, Statistique Canada identifiait 9100 travailleurs liés à l'assurance dans la région. En 2009, ce nombre était passé à 16 600.

À eux seuls, les sièges sociaux qui participent au Centre de développement en assurances et services financiers (CDASF) en embauchent plus de 9000. Le chiffre officiel était de 9100 à la fin de 2008, mais c'est à raison d'une cinquantaine par année que chacun des gros sièges sociaux comme Desjardins, Industrielle Alliance, La Capitale ou SSQ Groupe financier recrutent. Les étudiants engagés dans des programmes les préparant à des carrières dans le domaine étaient presque tous assurés d'y trouver un boulot. Les assureurs sont aussi constamment à la recherche de professionnels en informatique, en gestion de ressources humaines et dans d'autres spécialisations.

Au CDASF, on évalue la puissance du secteur selon un «indice de concentration géographique» calculé par l'Institut de la statistique du Québec.

Par exemple, explique son directeur général Gilles Juneau, on peut dire qu'un secteur comme le commerce de l'automobile dans la région de la Capitale recevrait la cote «1», puisque le niveau d'activité y est égal à celui du reste du Québec.

Dans l'assurance, la cote serait de 3,5 pour refléter un niveau de concentration 3,5 fois plus élevé de l'activité économique générée par les assureurs comparativement à l'ensemble du Québec. De plus, la région s'accapare une part croissante de la portion du produit intérieur brut attribuée à l'industrie de l'assurance pour tout le Québec.

La différence entre les 10 000 pos­tes estimés dans les sièges sociaux et les 16 600 dénombrés dans l'ensemble du secteur représente la force de vente (agents et courtiers) des sociétés présentes dans la région avec des équipes régionales de soutien à la distribution qui peuvent totaliser plusieurs centaines de personnes, estime la présidente du CDASF, Sylvie Paquette.

Et elle insiste : «C'est par les sièges sociaux que la région se distingue».

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