«Honnêtement, je pense que je l'ai appris dans le journal à matin», a lancé Régis Labeaume en entrevue vendredi après-midi.
«Je savais qu'il était sur le projet, je ne l'avais pas vu dernièrement», a poursuivi le maire de Québec...
Même réaction, quelques heures plus tôt, de la part de l'architecte François Moreau. «Je ne le savais pas. Je l'ai appris dans le journal ce matin. On ne voyait plus M. Viau depuis un petit bout de temps, je me demandais d'ailleurs pourquoi.»
Dans Le Soleil d'hier, Serge Viau, ancien directeur général et directeur adjoint au développement durable à la Ville de Québec, commentait le concept architectural de l'amphithéâtre dévoilé jeudi.
Embauché en 2010 comme expert-conseil pour l'intégration de l'amphithéâtre dans son tissu urbain, cet architecte et urbaniste de formation disait avoir quitté son poste en raison de la décision de ne pas intégrer la façade de l'hippodrome au futur colisée.
Mais avant cela, sa contribution avait aussi été hypothéquée par la décision de construire l'amphithéâtre à l'emplacement de l'hippodrome, justement.
Effet sur le milieu
«On pensait pouvoir utiliser ce projet-là pour créer un nouveau milieu urbain, réurbaniser tout ce secteur, expliquait M. Viau. En changeant de place à l'arrière d'ExpoCité, ça n'avait plus beaucoup d'effet sur le milieu.»
Même s'il ignorait que M. Viau avait officiellement quitté son poste de conseiller en juin, Régis Labeaume a dit comprendre son point de vue.
«Il n'était pas d'accord avec le changement de site. Et du point de vue urbanistique, je suis bien d'accord avec lui, mais pas au prix de dizaines de millions de dollars.»
En février, la Ville avait en effet eu une bien mauvaise surprise en constatant que décontaminer le terrain qu'elle privilégiait jusqu'alors, à l'angle du boulevard Wilfrid-Hamel et de l'autoroute Laurentienne, coûterait jusqu'à 40 millions $.
Une facture beaucoup trop élevée devant laquelle les responsables de l'amphithéâtre ont pris la décision de construire plutôt à l'ancien hippodrome, un terrain non contaminé.
François Moreau comprend aussi le point de vue de Serge Viau. «Lui, c'était le site sur Hamel pour revitaliser le secteur, ce qui n'était pas du tout une mauvaise idée. Urbanistiquement parlant, c'était bien plus winner que ce qu'on fait là», a admis l'architecte. «Je suis parfaitement d'accord, sauf qu'on n'avait pas de place pour le faire et deux, ça coûtait une beurrée. C'est plutôt ça qui a découragé M. Viau, pas mal plus ça que la façade.»