Calme, souriant et visiblement heureux du déroulement de ce «projet des projets», Jean Rochette n'était absolument pas nerveux.
«Au total, un écart de trois quarts de 1 %, c'est un écart très marginal pour l'étape de l'avancement où on est, mais on va travailler pour le ramener à 400 millions $», indiquait M. Rochette aux élus réunis pour une séance d'information sur l'amphithéâtre.
Rappelant que le premier contrat octroyé, celui pour l'excavation et l'installation des pieux, coûtera 11 % de moins que prévu, Jean Rochette est convaincu que les prochaines soumissions recèleront aussi de bonnes surprises. «Quand on va avoir le prix réel des soumissions, ce sont des sommes qui nous serviront à ramener le coût à la baisse», indique le directeur de projet.
Car le budget de 400 millions $ est tout aussi fermé aujourd'hui qu'il y a six mois, a répété le maire Régis Labeaume. «L'amphithéâtre va coûter 400 millions $, pas une cenne de plus, pas une cenne de moins», a martelé le maire Labeaume.
Certains ont mis en question le fonds de prévoyance du projet, qui totalise 56 millions $, soit 14 % du budget total. «C'est réaliste et pas excessif», juge le maire Régis Labeaume. «S'il se dégage des sommes en cours de route, on les réinvestira dans la qualité.»
Le directeur de projet Jean Rochette n'a pas l'intention non plus de rétrécir cette réserve pour les imprévus. «Le prix de l'acier, par exemple, est assez stable, mais il pourrait monter, et ça représente un risque», fait-il remarquer.
L'échéancier du projet d'amphithéâtre est respecté à la virgule près, se réjouit le directeur Jean Rochette. Il n'y a pour l'instant aucune raison, dit-il, que les choses changent et viennent mettre en péril une ouverture au 15 septembre 2015.
La stratégie des petits lots
La Ville de Québec lancera au début du mois de novembre l'appel d'offres pour les fondations de béton. À la mi-décembre, ce sera au tour de l'appel d'offres pour la structure d'acier et les gradins préfabriqués.
Ensuite, la Ville ira de l'avant avec les appels d'offres pour les équipements et les mobiliers spécialisés. Et c'est là qu'elle appliquera sa stratégie des petits lots.
Cette méthode consiste à diviser un grand appel d'offres en plusieurs petits sous-lots distincts. Au total, il y aura 33 de ses sous-lots pour les équipements et une vingtaine pour la construction.
Un plus grand nombre d'entrepreneurs - et des entrepreneurs locaux - pourront ainsi soumissionner, croit Régis Labeaume. «On veut optimiser la compétition entre les entreprises pour avoir le meilleur prix, dit-il. Et aussi, il sera beaucoup plus difficile pour des entreprises de tricoter de la collusion.»
En cette ère de commission Charbonneau, les gestionnaires de Québec gardent bien sûr en tête les possibilités d'ententes entre des soumissionnaires.
La recette a été éprouvée pour la construction du stade de soccer Chauveau. «On est rentrés dans nos échéanciers et nos coûts», rappelle François Picard.
Le comité plénier de jeudi aura été l'occasion de connaître les coûts - de 4 à 5 millions $ - de la place publique qui sera aménagée devant l'amphithéâtre, entre le Pavillon du commerce et le Pavillon de la jeunesse. Ce coût d'aménagement est en surplus du budget de 400 millions $.