«M. Labeaume n'a rien à craindre, nous n'avons pas l'intention de nous ingérer dans le dossier du nouvel amphithéâtre pour favoriser un type de structure au profit d'une autre. Nous laissons cette responsabilité aux gestionnaires du projet, à qui nous faisons entièrement confiance», a déclaré samedi l'attaché de presse de la ministre, Stevens Héroux.
Ce dernier a ajouté que des gens du ministère avaient contacté l'entourage du maire Labeaume samedi afin de remettre les pendules à l'heure. «Nous leur avons parlé, ça a été un échange d'informations et nous les avons assurés que nous n'avions pas l'intention de nous ingérer dans le dossier pour favoriser le bois pour l'instant.»
Outils nécessaires
Vendredi, le député péquiste de Roberval et adjoint parlementaire à la forêt au ministère des Ressources naturelles, Denis Trottier, avait laissé planer la possibilité que son gouvernement s'ingère justement dans le dossier pour que le bois soit utilisé dans l'amphithéâtre. «Si on a besoin, à ce moment-là, on va prendre les outils nécessaires pour y arriver», avait-il déclaré sur les ondes de Radio-Canada.
Le maire Labeaume avait vivement réagi à cette affirmation, lançant que personne d'autre que la Ville de Québec n'allait décider de quelle façon allait être bâti le futur amphithéâtre qui doit être livré en 2015.
Sans dire que le député Trottier était allé trop loin dans ses commentaires, Stevens Héroux a toutefois tenu à remettre ses déclarations dans leur contexte. «Vous savez, nous prévoyons faire une charte du bois pour les projets futurs et préconiser l'utilisation du bois dans les nouvelles structures. Je crois que c'est plutôt dans ce sens qu'allaient les commentaires de M. Trottier, dans le sens de faire la promotion du bois, un matériau auquel nous sommes favorables.»
Positif
D'ailleurs, le cabinet de la ministre Ouellet a apprécié ce qu'il a entendu au cours des derniers jours en provenance de la Ville de Québec au sujet de l'utilisation possible du bois dans le nouvel amphithéâtre.
«On suit ce dossier de près. Oui, c'est vrai qu'on aimerait qu'il y en ait, du bois, mais de ce que j'ai entendu de l'équipe de gestion, ça semble très positif. Le conseiller François Picard a dit qu'il ferait le maximum pour qu'il y ait du bois, alors nous ne sommes pas vraiment inquiets. Ça nous satisfait», a-t-il poursuivi.
Les libéraux toujours en faveur du bois
Même dans l'opposition, le Parti libéral du Québec a toujours un parti pris pour l'utilisation du bois dans la structure du nouvel amphithéâtre de Québec. Après l'ex-ministre Nathalie Normandeau l'an dernier, le critique en matière de forêt, faune et parcs, le député de Mégantic Ghislain Bolduc, s'est dit favorable à une intervention du gouvernement pour que ce matériau soit utilisé.
«Ce n'est pas le PQ qui a amené ça, le Parti libéral en avait parlé quand il était au pouvoir. Mais même si les récentes déclarations viennent d'un député péquiste, on ne peut pas être contre le bon sens», a déclaré M. Bolduc, dont la circonscription tente justement de développer la troisième transformation du bois.
«Depuis cet été, il y a un Centre collégial de transfert technologique sur la transformation du bois dans Mégantic. Il est clair que l'utilisation du bois dans un projet de grande envergure comme l'amphithéâtre de Québec donnerait une belle visibilité. Ça améliorerait les possibilités de faire du développement dans ce domaine au Québec», indique-t-il en rappelant que le bois de troisième transformation est utilisé depuis plusieurs décennies en Europe.