La lettre de Jacques A. Bédard décortiquée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

Jacques A. Bédard... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Jacques A. Bédard

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Stéphanie Martin

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Voici la lettre de démission de Jacques A. Bédard décortiquée en 10 points.

>>1

Jacques A. Bédard a été informé du changement au sein du comité directeur le 11 avril.

>> 2

«Ce changement a été officialisé le 12 avril lors d'une conférence de presse, le jour même du comité plénier auquel vous m'avez prié de participer.»

C'était alors la première fois que l'ingénieur se présentait devant les élus pour répondre à toutes les questions sur l'amphithéâtre. La conférence de presse a été convoquée à la dernière minute et s'est tenue sur l'heure du dîner, entre deux présentations au plénier.

>> 3

«À mon retour de vacances, le 23 avril, j'ai été informé de la composition exacte de ce nouveau comité directeur et du fait que je serai maintenant un "invité" [...].»

Dorénavant, le nouveau patron de Jacques A. Bédard devient l'ingénieur Jean-Guy René. Pourtant, il était selon lui explicitement entendu qu'il ne devait relever que du directeur général de la Ville, Alain Marcoux.

>> 4

Le 25 avril, M. Bédard prend connaissance d'un rapport d'experts d'Infrastructure Québec analysant l'appel d'offres relatif à la gérance de la construction.

«L'essentiel de ce rapport prône le démantèlement d'éléments stratégiques de contrôle du projet mis en place, dans les contrats de services octroyés à ce jour, et représente un retour en arrière en termes de protection des intérêts de la Ville de Québec.»

C'est la goutte qui fait déborder le vase.

>> 5

Le 27 avril, l'ingénieur remet sa démission.

>> 6

Jacques A. Bédard rappelle que son contrat le rend «imputable» comme directeur de projet. Car s'il atteint les objectifs de respect du budget, de l'échéancier et de la qualité, il gagne une prime correspondant à environ 25 % de son salaire.

>> 7

Il explique avoir contribué à appliquer la même «imputabilité» aux professionnels sous contrat. Une façon de faire qui avait d'ailleurs irrité l'Ordre des architectes, dont le président avait dénoncé l'automne dernier le recours par la Ville à des pénalités dans ses appels d'offres.

>> 8

Le résultat des «clauses d'imputabilité» : «harmonie entre les intervenants, esprit d'équipe, budget respecté, coût des services respecté, production des livrables dans l'échéancier», écrit-il.

>> 9

Le changement de garde au comité directeur a tout changé : «La Ville de Québec subordonne son directeur de projet à l'autorité du président du comité directeur du projet qui est une ressource non permanente et totalement indépendante d'un lien d'autorité avec le directeur général de la Ville.» Ce qui s'éloigne du cadre de son mandat octroyé il y a un an, juge-t-il.

>> 10

«Il est donc intolérable de me placer dans une telle structure, sous une direction qui me prive du cadre et de l'autorité prévus à mon contrat d'embauche.»

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