Comité directeur de l'amphithéâtre: place aux gens de terrain

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

Stéphanie Martin

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Le comité directeur de l'amphithéâtre vient de changer de visage: trois nouveaux membres s'ajoutent, tous des hommes «qui ont construit des choses». Le ministère des Affaires municipales et le Bureau de la Capitale-Nationale, plus politiques, débarquent du navire à la demande de Régis Labeaume.

Le principal changement se fait à la tête du comité. Jusqu'à maintenant, c'est le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, qui assurait la présidence. M. Marcoux demeurera au sein du comité, mais sera remplacé dans le poste de président par Jean-Guy René. À noter que le directeur de projet Jacques A. Bédard conserve cette fonction. Il a toujours été redevable au comité directeur, qui agit comme un conseil d'administration, a rappelé Régis Labeaume. À partir de maintenant, il relèvera donc de M. René.

Jean-Guy René est ingénieur et président de Services conseils LPJM inc. Il a travaillé à l'agrandissement de l'aéroport de Montréal et à l'expansion du métro. Il a été vice-président d'Hydro-Québec International et pdg de la société d'énergie de la Baie-James de 1989 à 1997.

M. René recevra un salaire de 1200$ par jour travaillé. Récemment arrivé en poste, il a affirmé vouloir se familiariser avec le projet avant de se prononcer sur la façon dont il se déroule. Mais il s'est déjà fixé un objectif clair: «respecter le budget et l'échéancier». Pour ce faire, l'homme entend effectuer un «contrôle» de l'avancement du projet. «Quand on suit un projet, on le regarde passer. Quand on contrôle, on se met vraiment dans la partie», a-t-il illustré.

Gille Dufour se joint aussi à l'équipe. M. Dufour est ancien premier vice-président de la direction financière à Loto-Québec et a participé à la gestion de la construction de plusieurs casinos et salons de jeu au Québec... dont le fameux Ludoplex, qu'on devra déménager pour faire place à l'amphithéâtre. Sera-t-il bien placé pour négocier avec le gouvernement le déménagement de l'équipement? Le maire n'a pas voulu s'avancer sur ce terrain. «Il connaît bien le projet, bravo pour nous autres. On va voir.»

Le troisième nouveau venu est Henri-Paul Martel, aussi ingénieur et ancien vice-président ingénierie et construction chez Aéroports de Montréal. Il a été vice-président Amériques Europe chez Hydro-Québec International et a fait un passage comme vice-président directeur de 2000 à 2002 au sein de la Société d'implantation du Centre hospitalier universitaire de Mont-réal, un projet public qui a connu son lot d'embûches et qui n'est d'ailleurs toujours pas complété (lire l'autre texte).

Primordiale indépendance

Le maire a insisté sur un critère «primordial»: l'indépendance. Les nouveaux membres ne devaient pas avoir d'attache ou de contrat avec une firme d'ingénierie, de construction ou d'architecture.

MM. Martel et Dufour seront rémunérés à 1000$ par jour, selon les règles d'Infrastructure Québec. Luc Meunier et Guy Paquin d'Infrastructure Québec restent en poste. De même que Jean Rochette et Céline Émond de la Ville de Québec, Alain Marcoux, Jacques A. Bédard et le conseiller François Picard, qui assurera dorénavant le rôle de porte-parole du comité.

Changements nécessaires

Le maire a expliqué le changement de garde par la nécessité de modifier le comité une fois arrivé à la phase de construction. «La ministre [Michelle Courchesne] et moi, on a probablement atteint notre niveau d'incompétence. Je n'ai jamais construit de bâtisse et la ministre non plus.» Il a voulu s'entourer de «spécialistes, des gens qui ont construit des choses, des gens qui ont du métier, qui ont vu neiger, qui ont fait du terrain». Ce n'est pas un blâme pour ceux qui étaient là avant, assure-t-il.

Ainsi, Claude Pinault, du Bureau de la Capitale-Nationale, et Marie-Josée Fournier, du ministère des Affaires municipales, ont quitté le comité, à la demande du maire. «Il y a des limites à la grosseur d'un comité, et on voulait remplacer ces gens-là par des gens qui ont du métier. Au début, il y avait un aspect plus politique, budgétaire. Mais là, on n'est plus là. On a une bâtisse à construire.»

Quant aux conseillers en gestion de projet qui seront bientôt nommés à la suite de l'appel d'offres lancé par Infrastructure Québec, ils siégeront aussi au comité. «La ministre a besoin d'un second regard neutre pour se sécuriser dans ce projet», a justifié Régis Labeaume.

Le CHUM  dans le CV d'un des nouveaux venus

L'un des nouveaux membres du comité directeur du projet d'amphithéâtre a travaillé à l'implantation du CHUM, un projet reconnu pour ses dépassements de coûts et ses échéanciers largement dépassés.

Henri-Paul Martel vient d'être nommé pour siéger au comité directeur du projet d'amphithéâtre. Il recevra 1000$  par jour travaillé. M. Martel a travaillé dans plusieurs projets depuis le début de sa carrière, dont la construction du CHUM. De 2000 à 2002, il a occupé le poste de vice-président directeur au sein de la Société d'implantation du centre hospitalier universitaire de Montréal.

Le projet, annoncé en janvier 2000 par Pauline Marois, devait coûter à l'origine 850 millions $. Or, les évaluations plus récentes atteignent près de 2 milliards $.

Un rapport accablant du contrôleur des finances du gouvernement québécois publié en 2002 avait mis en lumière un certain laxisme dans la gestion des contrats au début du projet. La Presse rapportait en octobre 2002 que ce rapport identifiait des dépenses irrégulières de Henri-Paul Martel. Il avait bénéficié de remboursements de 2852 $ pour des frais qui n'auraient normalement pas dû être remboursés. On lui avait également alloué 10 400 $ pour sa voiture, alors que cela n'était pas prévu dans ses conditions d'emploi, notait le contrôleur.

L'implication de M. Martel dans le projet du CHUM n'émeut pas Régis Labeaume. «Regardez ce qu'il a fait à Aéroports de Montréal. Pendant huit ans, il a fait l'agrandissement en temps, sur le budget. Le CHUM, le problème, ce n'est peut-être pas ceux qui ont fait les plans, c'est peut-être ceux qui voulaient que ça coûte moins cher», a réagi le maire.

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