Dans un projet où, selon André Bourassa, les besoins ne sont pas bien définis, l'échéancier est déraisonnable et le budget inapproprié pour le réaliser, le tout est sur une bien mauvaise pente.
«Plutôt que d'engager un homme d'affaires [Claude Rousseau] comme responsable de projet, je ne veux pas dire que c'est un mauvais homme d'affaires, mais c'est quoi sa compétence en gestion de projet et en contrôle des coûts? Mais Infrastructure Québec, je pensais que c'était son rôle d'assister les villes et les autres ministères dans l'avancement de ces projets-là. Je pense qu'il faudrait les entendre», a lancé hier en entrevue M. Bourassa, appelant la firme gouvernementale qui est chargée d'assister les organismes publics dans la réalisation de projets d'infrastructures de 40 millions $ et plus à se prononcer dans le dossier.
Cette sortie fait suite à un éditorial publié dans Esquisses, le magazine de l'Ordre des architectes, où André Bourassa persiste dans ses critiques du projet d'amphithéâtre et affirme que la Ville de Québec a voulu «jouer les apprentis sorciers» dans cette «expérimentation à tous crins». Cela contribue selon lui à diluer le travail des architectes, qui est d'être créatifs sur le plan du design, mais aussi sur le plan de la technique, de la fonctionnalité et de la durabilité, insiste-t-il.
Et la capitale n'est pas la seule à être montrée du doigt par les critiques de M. Bourassa, qui affirme que dans plusieurs projets au Québec, la multiplication des «clauses tatillonnes et de pénalités potentielles» nuit grandement à la confiance entre les donneurs d'ouvrages et les professionnels. D'autant, ajoute-t-il, que ces mesures ne constituent pas un rempart contre les dépassements de coûts ni une garantie contre la collusion.
Pour lui, imposer des pénalités aux professionnels tant pour des retards qui peuvent être de leur ressort que pour ceux qui sont hors de leur contrôle est contre-productif. Ça ne fait que créer des «guéguerres» dans lesquelles on se chamaille pour déterminer à qui est la faute, estime-t-il.
Le problème, pour lui, c'est que le délai imparti pour la réalisation des projets n'est souvent pas raisonnable. «Quand on ne se donne pas le temps de faire les choses, on se met tout le monde collectivement une épée de Damoclès sur la tête pour s'obstiner à n'en plus finir.»