La glace du vieil amphithéâtre de Limoilou est loin d'être parfaite et ne correspond pas à l'heure actuelle aux standards de la Ligue nationale de hockey. Tout le monde s'entend sur ce point.
Mais encore faut-il trouver la bonne technologie pour chasser l'humidité, refroidir l'édifice et s'assurer d'une glace lisse et performante.
Pour l'ingénieur Ghislain Daigle, la Ville aurait intérêt à jeter un oeil à la technologie de déshumidification Desiccant. «C'est un système qui absorbe l'humidité, qui est très efficace et peu énergivore. Ça fait plusieurs années que je les vends aux gestionnaires d'arénas.»
Mais dans la capitale, il ne croit pas une seconde qu'il pourra tenter de vendre sa technologie. «Je n'aurai absolument aucune chance. Je pense que l'ingénieur du projet ne veut rien savoir de ces systèmes. Même si Gaz Métro a fait la démonstration dans une étude que la technologie permet d'avoir une meilleure qualité de l'air. Ça permet une économie d'énergie, et de sauver l'argent des contribuables.»
Bien sûr, cet ingénieur prêche pour sa paroisse et veut faire connaître son produit. «Oui, c'est mon produit, mais j'aimerais ça que les gens se posent les bonnes questions. Je ne veux pas avoir des garanties, mais juste que les gens puissent voir qu'il y a un potentiel là . Faudrait que la population soit plus au courant, parce que c'est elle qui paie au bout.»
Vieux systèmes limités
Les vieux amphithéâtres du Québec - dont le Colisée - possèdent des systèmes de déshumidification à l'ammoniac. Ces systèmes ont leurs limites; ils sont énergivores, et ont de la difficulté à atteindre un seuil respectable de 40 % de taux d'humidité. Et dès que l'humidité est trop présente, la glace en souffre.
Le système Desiccant mise plutôt sur des gels de silice, similaires aux petits sachets dans les emballages d'appareil électronique. Le gel absorbe alors l'humidité, contrairement aux systèmes mécaniques, qui condensent l'eau.
Plusieurs arénas de la Ligue nationale de hockey ont opté pour ce système. Le premier amphithéâtre à tester le système sur une longue saison a été le domicile des Devils du New Jersey. Une technologie similaire gardait le domicile des Devils bien au sec lorsqu'ils ont remporté la Coupe Stanley, en juin 2000.
À la Ville de Québec, on confirme que cette approche n'est pas dans les cartons. On convoite plutôt une autre technologie, celle de la déshumidification par le CO2.
«Le dernier aréna construit en Beauce utilise cette technologie, et on s'est fait dire que c'était efficace», a indiqué au Soleil le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, François Picard. «Cette technologie, c'est un peu comme un retour aux sources, où le CO2 remplace l'ammoniac. Nos ingénieurs sont en train de valider tout cela.»