Ce projet avait été évoqué au début de 2011 par le maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau. Il affirmait alors que deux groupes d'investisseurs, qu'il n'avait pas identifiés, l'avaient rencontré dans le but de construire un amphithéâtre ainsi qu'un hôtel, pour un projet évalué entre 500 et 600 millions $, du côté nord de l'autoroute Félix-Leclerc, face au parc industriel.
«Jusqu'à quel point ils sont en mesure de ramasser la somme dont ils m'ont parlé? Je ne sais pas, avait-il alors déclaré. Il y a dans ce groupe-là une personne qui connaît très bien le hockey.»
En effet, une nouvelle inscription au Registre des lobbyistes du Québec nous apprend qu'un mandat avait été confié en 2011 par Cité-Ouest pour la mise en valeur d'un terrain industriel appartenant à la Ville de Saint-Augustin en bordure de l'autoroute 40, «pour des fins récréatives, y compris identifier un acheteur désirant construire un aréna multifonctionnel et établir un club de la Ligue nationale de hockey...»
Cité-Ouest est une entreprise dont Claude Bédard est l'actionnaire majoritaire et seul administrateur. Joint mardi, le journaliste sportif aujourd'hui retraité a confirmé qu'il s'agissait bien de son entreprise.
«On travaillait surtout pour faire du développement, sur le plan résidentiel et commercial aussi, dit-il. D'ailleurs, rien ne nous dit qu'il n'y aura pas d'autres occasions dans l'avenir. Saint-Augustin a besoin d'un aréna de deux glaces. Les autorités de la ville envisagent cette possibilité, peut-être que ça nous amènera des opportunités.»
«Je trouvais ça plausible de s'installer à l'ouest de la ville, dans l'axe de l'aéroport, du développement de la Rive-Sud, là où le centre des affaires de Québec se développe», poursuit M. Bédard, tout en reconnaissant qu'il y a eu une joute politique. «Mais on ne voulait pas aller contre la volonté et le plan de M. Labeaume.»
Financement privé
Il soutient que son projet aurait fait une plus grande place au financement privé. «On voit de moins en moins d'amphithéâtres financés par des deniers publics, observe-t-il. Si je me rappelle bien, en 1995, tout le monde était contre cette idée [de financement public]. Même J.-Jacques Samson [chroniqueur au Journal de Québec] était contre», conclut-il dans un éclat de rire.
Pour trouver du financement pour son projet, Cité-Ouest avait retenu les services de Bruno Fortier, ex-délégué général du Québec à New York, qui a créé depuis sa propre firme de consultation.
M. Fortier a indiqué mardi au Soleil qu'il avait envoyé sa demande d'inscription au Registre au milieu de 2011, après avoir sollicité la Ville de Saint-Augustin.
«Mon rôle était aussi de trouver des investisseurs aux États-Unis ou en Europe, mais cela n'a pas fonctionné. Ce qu'on disait aux investisseurs, c'est que dans 40 ans, ça deviendrait un pôle majeur à Québec. Ça demeure un magnifique emplacement à développer.»