«Je pensais aux 400 millions et je me demandais si on en avait assez», s'est-il inquiété.
Pendant plus de trois heures, la délégation de Québec s'est laissé conduire à travers le Consol Energy Center, qu'elle a arpenté du dernier sous-sol jusqu'au plafond.
Partout le même conseil: prévoyez de l'espace. Plus d'espace. Aires de rangement, loges, galerie de presse, salles de réunion vestiaires, escaliers, coursives, boutiques, cuisines et services d'appoint, salle de contrôle vidéo et technique, etc.
Comme on sait que les superficies ont une incidence directe sur les coûts de construction, il y avait de quoi donner le vertige. Déjà que la Ville a donné l'ordre aux architectes cette semaine de couper dans les surfaces envisagées pour limiter les coûts.
Lorsque questionné de nouveau plus tard en journée, le maire Labeaume a cherché à minimiser l'ampleur de son inquiétude. «Je suis d'une nature inquiète; je suis toujours inquiet», s'est-il mis à badiner.
Le maire sortait alors d'un lunch avec le président des Penguins, David Morehouse, qui a conforté la Ville dans plusieurs des choix qu'elle s'apprête à faire.
Sur l'angle des gradins, par exemple. Si c'était à refaire, Pittsburgh augmenterait la pente pour «rapprocher» les spectateurs de la glace. C'est ce que Québec prévoit faire aussi.
Conforté aussi dans le choix d'aménager des galeries à aires ouvertes faisant le tour de l'amphithéâtre pour que le spectateur reste en tout temps en contact avec l'action. «Ça respire, c'est dégagé», s'est enthousiasmé le maire tout au long de sa visite. «Les coursives ouvertes, le dégagement, l'ouverture, je trouve ça génial.»
Conforté aussi dans la décision de mettre un maximum d'argent dans les équipements technologiques, audio et vidéo qui vont contribuer à «l'expérience», plutôt que dans l'enveloppe extérieure du bâtiment.
M. Labeaume sait qu'il risque ce faisant de provoquer la critique des architectes, mais le choix semble fait.
Démesurés, les efforts de Pittsburgh pour commercialiser tout ce qui peut l'être dans l'amphithéâtre? Tout ici a été pensé en fonction des revenus, de la configuration des sièges au nombre de boutiques souvenirs, aux tableaux commandités, aux salles de réunion, aux suites party, etc.
Réponse du maire: «Il n'y a rien de démesuré; il faut vendre tout ce qu'il y a à vendre pour faire le plus d'argent possible», dit-il, rappelant que le contrat avec Quebecor prévoit un partage des éventuels profits.
À l'époque des Nordiques de Marcel Aubut, Québec ne donnait pas sa place en vendant des pubs sur les marches, ce qui semblait alors très audacieux. «Le business a changé; l'approche de commercialisation est totalement différente», constate le maire.
Une mixité bois-acier?
Le maire Labeaume a par ailleurs annoncé que la Ville préparera des devis qui mettront en concurrence les producteurs de bois et d'acier pour le contrat de structure de l'amphithéâtre.
Il dit vouloir donner des chances égales à tout le monde, mais prend le temps d'inviter les «gens du métal» à être «créatifs». «Un modèle mixte [bois-métal] serait bienvenu», dit-il. C'est le prix qui guidera le choix de la Ville. «Est-ce qu'on a le goût du bois? La réponse c'est oui, oui, oui, dit-il. Comment on fait ça? Pas évident.»
LU
Sur l'étiquette d'une bouteille de bière géante offerte dans un bar belge branché du centre-ville : St-Feuillien, neuf litres, prix: 275 $. Une bouteille plus grosse qu'un mathusalem qui contient huit bouteilles de vin. Pour les soifs plus modestes, il y avait aussi sur la tablette des Chimay à 110 $ la bouteille. Ce que j'ai bu? Deux modestes bières en fût. Une Over the Edge et une Belhaven 1719 à 5,75 $ le verre. Cela vous rassure?
VU
Le maire de Québec a dû se mordre les lèvres pour ne pas raconter le long échange qu'il a eu avec le président des Penguins de Pittsburgh, David Morehouse, sur un retour possible des Nordiques à Québec. Vu aussi le maire se mordre les lèvres lorsque je lui ai demandé en point de presse vendredi soir s'il était déçu que Montréal mène 2-1 après la première période. «Un peu... Il y a plus de francophones au total avec Pittsburgh qu'avec le Canadien. Alors, je suis de moins en moins neutre...» On a vu qu'il se retenait pour ne pas en dire plus. Zut...
ENTENDU
Parler français partout à l'hôtel voisin du Consol Energy Center, le Cambria Suites, puis vendredi soir dans la loge de Mario Lemieux. À l'hôtel, des touristes de Québec, de Trois-Rivières, de Montréal venus voir le match du Canadien avec un chandail des Penguins sur le dos. Dans la loge, Nathalie Asselin, femme de M. Lemieux, et ses filles, Pierre Larouche et sa femme, des amis de la délégation de Québec.